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Hêche Claude · Ständerat · 2013-06-06

Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-06-06

Wortprotokoll

Le "Swiss made" est notre carte de visite. Il serait donc dangereux pour notre pays de la galvauder. Dans le prolongement des propos tenus par la présidente de la Commission des affaires juridiques, Madame Seydoux, et par quelques membres de la commission, permettez-moi donc de revenir sur deux éléments importants, je dirai même fondamentaux.

Premièrement, la loi sur la protection des marques, par ses articles sur le Swissness, n'impose aucune contrainte à l'industrie. Elle fixe uniquement les critères qui permettent aux industriels d'apposer la croix suisse ou le label "Swiss made" sur leurs produits. Tout entrepreneur est donc libre de produire comme il le veut, mais s'il veut bénéficier de la plus-value liée au "Swiss made", alors il est juste d'exiger de lui un effort supplémentaire. Ne pas le faire serait accepter une certaine forme de concurrence déloyale et envoyer un signal très négatif à tous les responsables d'entreprise qui font des efforts pour que le savoir-faire et la qualité suisse soient maintenus.

Deuxièmement, si le "Swiss made" jouit d'une grande réputation dans le monde entier, c'est parce qu'il représente une notion de qualité qui s'est forgée au cours de l'histoire économique, mais aussi de l'histoire politique et sociale de notre pays. En effet, en plus des qualités techniques et esthétiques, le "Swiss made" représente aussi, aux yeux des consommateurs du monde entier, les nombreuses valeurs défendues par notre pays.

Il faut en être conscient: le "Swiss made" est plus qu'un label. C'est un symbole, un gage de qualité. Il faut donc donner aux consommateurs du monde entier l'assurance que le produit a ce petit quelque chose en plus qui prouve qu'il est à dominante helvétique. Accepter du 50/50, c'est d'une certaine manière une forme de tromperie sur la marchandise. C'est mentir par omission. Ce n'est pas acceptable de la part d'un pays qui fait de la fiabilité une valeur essentielle. 60 pour cent est le minimum nécessaire pour oser afficher le label "Swiss made".

Le risque est grand que les consommateurs se sentent lésés. Or si nous perdons leur confiance dans le "Swiss made", nous perdrons tout simplement le label lui-même et les nombreux emplois qu'il engendre.

Pour toutes ces raisons, je vous invite à adopter la proposition de la majorité de la commission.