Reynard Mathias · Nationalrat · 2013-03-07
Reynard Mathias · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-03-07
Wortprotokoll
Le groupe socialiste approuve le plan d'action "Recherche énergétique suisse coordonnée" et ses mesures pour les années 2013 à 2016. Il s'agit là de la suite logique de notre décision de sortir du nucléaire et de notre stratégie énergétique. Les objectifs de ce plan d'action sont bien ciblés et nous appuyons globalement les priorités thématiques fixées dans le message. Quelques remarques critiques s'imposent toutefois.
En premier lieu, le domaine de l'énergie solaire dans son ensemble - et pas seulement le photovoltaïque - aurait pu être mieux mis en évidence. A propos du nucléaire, le groupe socialiste se montre sceptique quant à la poursuite de la participation intégrale au programme-cadre Euratom à partir de 2014. Nous resterons très vigilants par rapport à l'analyse que fera prochainement le Conseil fédéral en termes de coûts/bénéfices à ce sujet.
Nous soulignons par contre l'importance des collaborations internationales et la place qui leur est accordée dans ce plan d'action. D'importantes synergies sont possibles en matière de recherche énergétique et profitent clairement aux institutions helvétiques.
De plus, nous émettons également quelques réserves sur la question des universités et des HES. Il apparaît que pour un poste financé par la Confédération, le canton siège devra financer deux postes pour les HES, et même trois pour les universités. Ces règles ne nous semblent pas optimales. Elles constituent selon nous un frein à la participation des HES et des universités, surtout celles de petite taille. Ce mécanisme nous fait craindre une exclusion de ces entités lors de la mise au concours des pôles de compétences. La Suisse ne doit pourtant se priver d'aucun pôle d'excellence pour la recherche énergétique.
Enfin, en ce qui concerne le soutien financier des professeurs boursiers par le FNS, nous constatons que celui-ci est prévu sur une durée de quatre ans. Après cette période, leur prise en charge semble revenir à la charge des institutions. Nous restons donc attentifs à cette problématique, afin d'assurer la pérennité de ces postes et de ne pas connaître une fuite des cerveaux que l'on aurait réussi à attirer en Suisse seulement pour les quatre premières années. Le groupe socialiste est particulièrement sensible à la question de la relève scientifique dans notre pays.
Je me permets pour terminer d'aborder brièvement la question des 60 millions de francs attribués aux EPF, qui mérite quelques éclaircissements de notre part. Le groupe socialiste s'engage depuis des années pour défendre des moyens publics suffisants en faveur de la formation et de la recherche. Il s'agit d'une priorité pour notre parti. Nous nous sommes notamment engagés lors du dernier message FRI afin d'obtenir des moyens supplémentaires pour les EPF, car ces moyens se justifiaient par l'augmentation des effectifs dans les deux écoles polytechniques fédérales.
Nous sommes toutefois également très soucieux de la question de l'égalité des chances. Les importants moyens publics mis par la Confédération tant dans la recherche que dans la formation doivent servir à l'ensemble de la population, et non pas uniquement à une élite fortunée. En ce sens, la volonté affirmée du Conseil des EPF de doubler les taxes d'études, et de remettre ainsi en question l'accès à ces hautes écoles pour les jeunes issus de familles modestes, et d'ailleurs particulièrement pour ceux issus de régions périphériques, a choqué le groupe socialiste. Des moyens supplémentaires [PAGE 143] ayant été accordés dans le message FRI, il n'était pas correct à nos yeux d'aller encore chercher des sommes importantes sur le dos des étudiants.
En ce sens, une majorité du groupe socialiste au sein de la commission s'est, dans un premier temps, opposée à l'octroi de 60 millions de francs supplémentaires. Depuis, le Conseil des EPF est revenu sur sa décision et a annoncé hier sa volonté de geler l'augmentation des taxes d'études. Notre inquiétude a été entendue. Dès lors que l'égalité des chances peut être maintenue dans les écoles polytechniques, le groupe socialiste continuera de s'engager en faveur de moyens publics conséquents pour la formation et la recherche, de moyens publics conséquents pour nos hautes écoles. Cela profitera à l'ensemble du pays et à sa jeunesse.
Le groupe socialiste soutiendra donc unanimement les 60 millions de francs supplémentaires en faveur des EPF, comme l'a proposé Madame Géraldine Savary dans la commission du Conseil des Etats avec son amendement à l'arrêté 1.
Dans l'immédiat, nous rejetons la proposition de la minorité Müri et vous invitons à entrer en matière.