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Sommaruga Carlo · Nationalrat · 2013-03-07

Sommaruga Carlo · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-03-07

Wortprotokoll

Je vais résumer en quelques mots ce Rapport sur la politique extérieure. Il nous montre que notre économie, nos relations économiques extérieures et nos politiques d'investissement sont dynamiques, européennes, mondialisées et globalisées, qu'elles commencent à se teinter de développement durable et que le tout résiste à la crise.

Le rapport se concentre tout d'abord sur l'Europe, les pays voisins et les régions limitrophes. Il est intéressant d'y voir qu'effectivement l'Union européenne reste notre partenaire principal avec 65 pour cent du volume du commerce extérieur de la Suisse. Dans cette Europe, la part la plus importante de notre commerce concerne les zones limitrophes, à savoir la Lombardie, le Bade-Wurtemberg, la Bavière et la région Rhône-Alpes, c'est-à-dire des régions qui sont très dynamiques et qui sont même le moteur de l'économie des pays voisins. En d'autres termes, on peut dire que l'économie suisse n'est pas une économie qui se développe à la frontière de notre pays, mais bien plus une économie européenne intégrée avec une empreinte européenne très forte. Dès lors, les turbulences financières et économiques de l'Europe ont des conséquences considérables aussi en Suisse. Pour le moment, il est clair que notre économie a bien résisté, et cela en raison de sa dimension internationale qui va bien au-delà de l'Union européenne. Toutefois, il faut relever que le dynamisme des relations avec les pays émergents ne pourra pas, à brève échéance, remplacer un éventuel recul du commerce lié à la crise européenne. Cette crise est due notamment aux politiques d'austérité, qui ont des conséquences sociales et économiques fort dommageables et qui font baisser la consommation européenne, ce qui peut amener à un ralentissement de notre économie. Mais ce dynamisme économique de nos relations avec l'Europe, qu'il soit local, transfrontalier ou plus régional, est lié à l'existence d'un cadre conventionnel étendu et complet qui ne se discute plus avec Rome, Berlin, Vienne ou encore Paris, mais qui se discute à Bruxelles. Il est important que les blocages actuels de nos relations, institutionnelles ou fiscales, soient dépassés car c'est là aussi, effectivement, que se trouve la clé du maintien de ce dynamisme économique.

Dans ce cadre-là, il convient de dire que la libre circulation des personnes est un élément dynamique de notre pays, mais avec des conséquences sociales, que ce soit sur le marché du travail ou sur le marché du logement. Comme nous l'avons dit en commission, et nous le répétons ici, il faut des mesures d'accompagnement solides non seulement pour le marché du travail, mais aussi pour le marché du logement, si on veut qu'une majorité de la population continue de soutenir l'ouverture des frontières et la libre circulation des personnes.

Il y a une perspective plus globale de l'économie, qui va au-delà de l'Europe. Ce rapport, comme l'a dit Monsieur Hans-Jürg Fehr, prend acte du blocage quasi définitif des négociations multilatérales de libéralisation des marchés. Aujourd'hui, les relations bilatérales sont à l'ordre du jour, que ce soient les accords de libre-échange avec des pays tiers, que ce soient des accords de protection des investissements ou d'autres types d'accord.

S'agit-il là d'un recul? Non, c'est une opportunité, puisque cela donne la possibilité à notre pays d'influencer de manière déterminante le contenu de ces accords, et tout particulièrement d'y intégrer une notion de développement durable, c'est-à-dire la protection des droits humains, la protection des droits sociaux et la protection des droits environnementaux. Il ne s'agit pas d'une clause de style; il ne s'agit pas non plus de préoccupations des classes privilégiées des pays du Nord ou encore de discours des ONG. Il s'agit d'une préoccupation globale, qui est portée par les populations du Sud, par les populations du Nord, exprimée notamment en Suisse par les 100 000 signataires de la pétition Droit sans frontières.

Lors de récents voyages au Myanmar et en Colombie avec des délégations parlementaires, on a pu contrôler que la préoccupation du développement durable est très fortement ancrée dans les pays du Sud. Il nous faut donc reprendre les objectifs développés par la Cnuced concernant le développement durable dans toutes nos relations économiques et notamment avoir aussi une mise en oeuvre des lignes directrices de l'OCDE qui ne soit pas aussi légère que celle appliquée en Suisse. Il faut que ce soit un dispositif avec une position offensive, semblable à celle des Pays-Bas ou de la Grande-Bretagne où le dispositif fonctionne beaucoup plus efficacement.