Sommaruga Carlo · Nationalrat · 2014-06-05
Sommaruga Carlo · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2014-06-05
Wortprotokoll
Il y a 18 mois, je déposais une motion munie de 120 signatures des membres de notre conseil qui vise à renforcer la Genève internationale et la Suisse comme places d'accueil de la diplomatie internationale et multilatérale.
La Suisse, comme place d'accueil, a non seulement Genève, mais également Bâle, Zurich, Berne, Lausanne, Nyon et naturellement des villes comme Montreux ou Davos où se tiennent des conférences, voire où des institutions sont établies. Dès lors, il est important de soutenir cette Suisse internationale.
Naturellement, dans ce dispositif, Genève est un élément extrêmement important et central. Il est tellement central qu'un ancien ambassadeur de Suisse aujourd'hui à la retraite disait: "Genève, c'est Davos tous les jours." En effet, étant donné la densité importante d'organisations internationales et non gouvernementales à Genève, sans oublier les missions diplomatiques qui s'y trouvent, il n'y a pas d'autre lieu au monde avec une telle concentration et de telles synergies. Cela nous permet effectivement de disposer d'un outil extraordinaire pour la promotion de notre diplomatie et de nos compétences en matière de résolution de conflits, ainsi que pour la promotion de la place suisse, même financière.
En automne 2012, un coup de semonce s'est fait entendre dans un ciel relativement serein, quand le siège du Fonds vert de l'ONU que la Suisse convoitait ne fut pas attribué à Genève, mais à Séoul. C'est à la suite de cette situation que cette motion a été déposée. Depuis, il faut dire que le Conseil fédéral a, en bonne intelligence avec le canton et la Ville de Genève, largement démontré son soutien en faveur de la Genève internationale, non seulement avec des mots, mais également avec des moyens financiers.
Je parle des moyens financiers parce qu'effectivement la Genève internationale a aussi un coût pour la Suisse, mais un coût qui se justifie par les avantages que nous pouvons en tirer du point de vue politique et économique. Ce sont les [PAGE 930] rénovations de bâtiments d'organisations comme l'ONU, le BIT et d'autres encore, qui nécessitent des coups de pouce de la Confédération. Celle-ci a déjà annoncé qu'elle le ferait, et cela va dans le sens de ce que demande cette motion.
La Genève internationale, ce ne sont pas seulement des bâtiments. Il s'agit aussi de lieux de rencontre. A ce niveau-là, la Genève et la Suisse internationales jouent un rôle important au niveau de la gouvernance mondiale. Des réflexions sont déjà menées, notamment pour ce qui concerne la gouvernance d'Internet, laquelle pourrait même s'établir un jour, si tout se passe bien, à Genève.
Dans ces circonstances, il apparaît aujourd'hui important que notre conseil puisse donner également une impulsion à cette Genève internationale en soutenant le Conseil fédéral dans ses démarches et faire en sorte qu'il nous y associe avec un message ou un rapport, et que l'on puisse aussi distinguer avec plus de clarté ce qu'il en est de l'impact financier. La motion parle de crédit-cadre; il ne s'agit pas d'un élément central en tant qu'instrument. Ce qui importe, c'est de disposer d'une planification financière. L'auteur et les signataires de cette motion s'en contenteraient, bien entendu, cette question pouvant être d'ailleurs réglée ultérieurement.
Dès lors, aujourd'hui, je vous demande un large soutien à cette motion, qui est un soutien à la Genève internationale. Il s'agit aussi d'un soutien au Conseil fédéral dans son travail de promotion de la Genève et de la Suisse internationales ainsi que du rôle de la Suisse au niveau de la diplomatie internationale.