Cramer Robert · Ständerat · 2014-03-04
Cramer Robert · Ständerat · Genf · Grüne Fraktion · 2014-03-04
Wortprotokoll
Tout d'abord, j'aimerais remercier le Bureau pour l'accueil qu'il a réservé à cette initiative parlementaire. Vous vous souvenez peut-être qu'il y a quelques mois, Monsieur Buttet avait déposé une initiative parlementaire pour proposer aussi qu'une session extra-muros puisse se tenir en Valais. Le Bureau avait refusé et proposé à l'unanimité le rejet de cette initiative. Maintenant ce n'est plus qu'à 3 voix contre 2. Je vois que les idées progressent et je remercie le Bureau de cette ouverture d'esprit.
Au-delà de cette considération, permettez-moi de relever que ce n'est pas un anniversaire banal que celui que nous allons commémorer l'année prochaine. Je ne veux pas minimiser les différentes dates qui sont dans le rapport du Bureau, où l'on nous parle par exemple de l'importance de la Réforme en 1519 - ce n'est pas un Genevois qui va relativiser l'importance de la Réforme. Ici nous parlons de quelque chose d'autre, qui engage tout le pays. En 2015, cela fera 200 ans que la Suisse est dans ses frontières nationales actuelles. C'est la plus longue période de l'histoire suisse où des frontières identiques auront été reconnues internationalement et ce sont celles que nous avons aujourd'hui.
Assurément, durant ces 200 ans, notre histoire nationale a connu plusieurs événements, notamment la création d'un nouveau canton - un événement d'une grande importance - mais cela fera 200 ans en 2015 que nous connaissons les frontières nationales actuelles. Cela ne concerne pas uniquement les trois nouveaux cantons qui ont rejoint la Confédération à cette date-là - les cantons de Neuchâtel, du Valais et de Genève -, cela concerne tout le pays. Il serait regrettable que cet événement d'importance ne soit commémoré que dans trois cantons et non pas de façon plus globale au niveau national.
Cette commémoration, de façon évidente, doit être marquée par un acte fort, qui s'inscrive dans le cadre de notre solidarité confédérale. Cet acte symbolique, je propose que ce soit un déplacement qui manifeste bien une des caractéristiques essentielles de notre Etat, qui n'est pas un Etat centralisé, mais une Confédération - comme le dit notre Constitution -, une Confédération riche de ses différences. Comme on ne peut évidemment pas se déplacer dans toute la Suisse, ni même dans trois cantons, il a fallu faire un choix. Avec les cosignataires de cette initiative, c'est-à-dire nos collègues représentant ici les cantons du Valais, de Neuchâtel et de Genève, il nous a semblé adéquat que ce déplacement se fasse dans le canton du Valais.
Il y a forcément toujours une part d'arbitraire dans ces choix. Relevons en tout cas que nous étions d'accord pour ce choix - et je dois ici remercier nos collègues neuchâtelois d'avoir adhéré à cette décision. Cet accord était peut-être fondé sur la considération que le Valais est un canton alpin, qui connaît des paysages très caractéristiques de notre pays et qui reflète bien la diversité de la Suisse, puisqu'il s'agit également d'un canton bilingue.
Voilà les raisons du choix, un peu arbitraire peut-être, du canton du Valais. Le dépôt de l'initiative parlementaire Buttet 12.431, "Renforcer la solidarité confédérale", nous a aidé dans ce choix. Le Valais s'est déjà préparé à l'idée de recevoir un déplacement de l'Assemblée fédérale. Les considérations relatives à l'organisation de cette manifestation y trouvent ainsi déjà un début de réponse et ce sera d'autant plus simple d'aller dans le canton du Valais que les Valaisans ont déjà réfléchi à cette perspective. Voilà pour cette manifestation qui, en elle-même, est importante.
Aujourd'hui, la Suisse connaît assurément une situation qui n'est pas la plus paisible qu'elle ait pu connaître au cours de son histoire. Consulter nos débats parlementaires de ces derniers mois - je dirai même de ces dernières années - montre que, de façon répétée, la Suisse fait l'objet d'un certain nombre de revendications, de demandes de la part de toute une série d'Etats étrangers, qui la plongent dans une situation de négociations permanentes où l'on remet en cause un certain nombre de choses qui nous paraissaient acquises. Dans cette situation, il me paraît d'autant plus important de mettre en avant des valeurs de cohésion, d'unité des Confédérés, de volonté de vivre ensemble. Cela passe aussi par une meilleure connaissance mutuelle, celle-ci étant toujours favorisée par des déplacements au sein de notre pays.
On nous a indiqué que les précédents extraordinaires qui avaient justifié des déplacements de l'Assemblée fédérale étaient liés à des travaux dans le bâtiment où nous siégeons en ce moment. Permettez-moi de considérer que consolider, [PAGE 41] non pas un bâtiment, mais des valeurs - la cohésion de notre pays, le lien confédéral - est aussi une circonstance qui doit permettre d'affirmer qu'un tel déplacement est un projet prioritaire. Je ne doute pas que, connaissant le sens de l'hospitalité de nos amis valaisans, nous trouverons assurément des arrangements qui permettront, aussi bien au niveau de l'organisation que sur le plan financier, de mettre sur pied une session extra-muros sans trop de difficultés.
Essayons donc de considérer, mis à part les questions d'organisation, tout ce qui peut aller dans le sens de dire mieux notre plaisir de vivre ensemble dans notre pays.