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preparatory:AB 149865

Maury Pasquier Liliane · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2014-03-04

Wortprotokoll

Dans notre pays, le taux de suicide et, en particulier, le taux de suicide des jeunes demeure aussi élevé en comparaison internationale que la prévention au niveau fédéral reste faible. Environ trois personnes se donnent la mort chaque jour et, en 2011, parmi elles, 134 jeunes se sont ôté la vie. Le suicide est ainsi la cause de un à deux pour cent des décès enregistrés en Suisse et la première cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 29 ans.

C'est alarmée par ces constats que, en 2008, j'avais interpellé le Conseil fédéral sur la manière dont il comptait honorer ses engagements en matière de prévention du suicide des jeunes. Des engagements pris au niveau national avec, en 2005, la reconnaissance du suicide comme thème de santé publique et la décision de renforcer le volet prévention. Des engagements internationaux aussi - au moins souhaités -, puisque, notamment, une résolution adoptée en 2008 par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe demandait aux Etats membres de mettre en oeuvre des plans de prévention du suicide en faveur des adolescents. En 2012 encore, lors de son dernier examen périodique universel par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, la Suisse s'est vue recommander le renforcement des mesures de prévention du suicide auprès des jeunes.

A l'époque, le Conseil fédéral m'avait notamment renvoyée au projet de loi fédérale sur la prévention et la promotion de la santé, loi qui a été depuis - vous le savez - trucidée, si j'ose dire, par ce Parlement.

La présente motion, qui demande un plan d'action pour la prévention du suicide dans le cadre légal actuel, représente donc une alternative bienvenue. Bienvenue parce qu'elle demande au Conseil fédéral de mettre l'accent sur les risques majeurs que sont la dépression, mais aussi l'isolement social. Bienvenue, parce qu'elle vise à compléter, à élargir les actions déjà entreprises ou envisagées par la Confédération pour la prévention du suicide en général et du suicide des jeunes en particulier, en collaboration avec les cantons et d'autres partenaires.

Le suicide est un problème majeur de santé publique qui a des effets majeurs sur les victimes, bien sûr, mais aussi sur leur entourage. Un problème national de cette envergure ne peut se contenter d'arrangements mineurs ou locaux.

Ainsi, si l'on s'en tient au volet de la santé psychique, seuls douze cantons ont un programme de santé mentale. Un plan d'action au niveau suisse s'impose donc, qui soit expressément dévolu à la prévention du suicide et qui aille au-delà de l'intégration de ce thème dans différents programmes. Car si l'on veut que le suicide cesse d'être un tueur silencieux, il faut briser le tabou qui l'entoure et lui consacrer un plan de prévention spécifique, qui le mentionne clairement.

C'est ce que souhaite la commission et ce que je souhaite avec elle.