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Maury Pasquier Liliane · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-03-18

Wortprotokoll

Je suis satisfaite de voir que le Conseil fédéral prend au sérieux la recrudescence du nombre de diagnostics de VIH dans notre pays, qui s'est hélas confirmée depuis le dépôt de mon interpellation. Ce sont 620 nouveaux diagnostics au total qui ont ainsi été déclarés au 31 décembre 2012, soit une augmentation de 10 pour cent, autrement dit 58 personnes contaminées de plus que l'année précédente. En outre, les explications avancées par le Conseil fédéral pour rendre compte de cette hausse me semblent pertinentes, car l'on fait aujourd'hui le constat inquiétant d'un sentiment erroné de maîtrise du VIH/sida, qui se traduit aussi bien par la croyance que l'on peut guérir de cette maladie au niveau individuel que par le mirage que l'on peut mettre fin à la pandémie de sida au plan collectif et mondial. Car oui, c'est pour l'heure un mirage si l'on considère, par exemple, les statistiques qui viennent d'être révélées par l'Afrique du Sud, selon lesquelles plus d'une adolescente sur quatre est séropositive dans ce pays.

Mais revenons en Suisse: l'OFSP, me dit-on, publiera une analyse détaillée des déclarations de VIH et d'infections sexuellement transmissibles pour l'année 2012 dans son bulletin du mois de mai 2013. Je salue bien évidemment cette initiative et je me réjouis de prendre connaissance des résultats de cette analyse. Toutefois, point n'est besoin de les connaître pour rappeler une évidence: les jeunes d'aujourd'hui sont les adultes de demain, en Afrique du Sud comme en Suisse. Parmi les adolescentes et adolescents de 2013, on retrouve les personnes susceptibles de s'infecter d'ici quelques années par voie homosexuelle, intraveineuse ou par voie hétérosexuelle. Les infections par voie hétérosexuelle, soit dit en passant, sont elles aussi en augmentation par rapport à 2011, autant que celles par voie intraveineuse, d'où l'importance de prendre des mesures pour renforcer la prévention auprès de la population en général, dont les jeunes, selon l'axe d'intervention numéro 1 du programme national, ce qui, par ailleurs, n'empêche pas de poursuivre les efforts de prévention en direction des groupes particulièrement touchés.

Si je salue la volonté du Conseil fédéral de recentrer la campagne "Love Life" sur le VIH et sa gravité, je ne peux que déplorer le manque de soutien à des projets d'intervention auprès des jeunes.

Je fais notamment allusion au cas du projet "Ecoles", qui repose sur la transmission de témoignages de personnes touchées par le VIH/sida à des jeunes et à des adultes en formation. Ce projet, qui fonctionnait bien, va s'éteindre faute de financement. Or Santé sexuelle suisse, l'organisation faîtière de ce domaine dans notre pays, par exemple, aurait sans doute soutenu ce projet si l'enveloppe reçue de l'OFSP le lui avait permis.

Constatant, comme il le fait, que des impératifs économiques dans les cantons et un certain effet yoyo sur le plan politique ont entraîné ces dernières années une baisse de l'engagement dans certains cantons, le Conseil fédéral devrait, à mon sens, veiller à renforcer l'implication de la Confédération en collaboration avec tous les partenaires nationaux.

J'espère que l'analyse conduite par l'OFSP pourra déboucher sur des mesures concrètes de soutien à certains projets du type de celui que j'évoque. J'espère aussi que le Conseil fédéral ne cède pas à une certaine pression en défaveur d'interventions dans les écoles et ne relâche pas les efforts de prévention globale, car on ne guérit pas du sida, on en souffre et même on en meurt encore aujourd'hui, aussi en Suisse. Cela vaut la peine d'être appris aux jeunes de notre pays, dans les lieux qu'ils fréquentent tous, et ceci quelle que soit leur orientation sexuelle et leur parcours de vie futur.

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