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Chevalley Isabelle · Nationalrat · 2012-05-29

Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2012-05-29

Wortprotokoll

Dans sa séance du 10 mai dernier, la Commission de la science, de l'éducation et de la culture a étudié la dernière divergence de la loi sur la protection des animaux. Il s'agit de l'article 7 concernant la détention des dauphins. Notre conseil propose l'interdiction de la détention, alors que le Conseil des Etats préfère l'interdiction de l'importation.

Votre commission vous propose de vous rallier à la version du Conseil des Etats: ainsi le cas des trois dauphins restant à Connyland est réglé, puisque seule l'importation sera [PAGE 699] interdite. Ces animaux pourront rester en Suisse, mais à terme il n'y aura plus de détention de dauphins dans notre pays.

Messieurs Freysinger et Derder, il s'agit bien d'une interdiction d'importation et pas une interdiction de détention qu'on est en train de faire voter dans ce conseil. Donc, je le répète, il n'y a pas de problème, il n'y a pas d'euthanasie prévue pour les trois dauphins à Connyland.

Aujourd'hui, plus personne ne songerait à aller admirer un tigre qui tourne en rond dans une cage en béton: même les zoos suisses ont renoncé à ce spectacle qui fait plus pitié qu'autre chose. Pourtant, c'est ce qui se passe avec les dauphins: ils tournent indéfiniment en rond dans leur bassin en béton. Comment des zoos sérieux peuvent-ils soutenir une telle détention, alors qu'eux-mêmes ne l'infligent plus à leurs animaux?

On nous dit que si l'on interdit l'importation de dauphins et de baleines, demain ce sera au tour de celle des tigres et d'autres animaux sauvages. Au-delà du procès d'intention que l'on essaye de nous faire, j'aimerais vous faire remarquer qu'à son article 14 alinéa 1, la loi sur la protection des animaux prévoit déjà que le Conseil fédéral peut interdire l'importation de certains animaux.

On entend dire que cette décision est émotionnelle et qu'elle ne se base sur aucun argument scientifique: ceci est évidemment faux, puisque de nombreuses publications scientifiques attestent de plusieurs problèmes importants, dont la mortalité précoce.

Une étude de Duffield et Wells de 1991 prouve que le grand dauphin a un taux de mortalité plus élevé en captivité que dans la nature. Une autre étude, cette fois de Small et DeMaster de 1995 montre quant à elle que la mortalité des grands dauphins juvéniles et adultes est aussi plus élevée en captivité que dans la nature. Concernant les naissances en captivité, une étude de Woodley et al. de 1997 prouve que le taux de mortalité après la naissance est plus élevé en captivité que dans la nature. Enfin, une étude de Dudgeon de 2005 a démontré que même lors de programmes de reproduction en captivité pour des raisons de conservation, comme avec le dauphin du Yangtsé, le taux de survie en captivité est bas.

Concernant les maladies que développent les cétacés en captivité, une étude de Rose et al. de 2009 prouve que le stress de la captivité affecte sévèrement la santé des dauphins. A Connyland, plusieurs dauphins sont morts suite à des traitements. La bonne question à se poser est: "Pourquoi a-t-il fallu leur donner tous ces médicaments?"

Pour mémoire, en tout ce ne sont pas moins de huit dauphins qui sont morts en trois ans dans ce parc d'attraction, sans compter les nombreux autres dauphins morts depuis la création du parc en 1983, ce qui représente un taux de mortalité exceptionnel. Plusieurs personnes ont dit ici que les conditions de détention devaient être améliorées. Selon leurs dires, ce delphinarium aurait dû être fermé depuis bien longtemps, compte tenu des morts qu'il y a eu.

Toutes ces études émanent de scientifiques et ont été publiées dans des journaux scientifiques. Il ne s'agit pas de personnes faisant juste preuve d'un raisonnement simpliste, Monsieur Derder: ce sont bien des scientifiques. Si la Suisse venait à interdire l'importation de dauphins, elle ne serait pas le premier pays à le faire, puisque de nombreux pays l'ont déjà fait, tels que la Slovénie ou encore Chypre, en Europe.

La majorité de la commission a estimé que la minorité Riklin Kathy n'apportait rien de plus par rapport aux réglementations déjà existantes.

La commission vous recommande, par 12 voix contre 9 et 2 abstentions, de soutenir la proposition de la majorité, à savoir l'interdiction d'importer des cétacés.

La commission a également pris connaissance de la pétition contre le commerce de dauphins et de baleines et les nouvelles constructions de delphinariums. Elle propose de ne pas y donner suite, étant donné que la nouvelle loi sur la protection des animaux devrait répondre aux demandes des pétitionnaires.

La motion Quadranti "Interdiction d'importer des cétacés" a été examinée dans le prolongement de la loi sur la protection des animaux. En cohérence avec les débats précédents, l'examen préalable de la motion a été accepté par 12 voix contre 8 et 3 abstentions.