Recordon Luc · Ständerat · 2008-06-11
Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2008-06-11
Wortprotokoll
Je prends la parole en qualité de membre tout récent de la Commission de la politique de sécurité; je pense donc que j'appartiens pour ma part à l'ère quaternaire, mais cela ne m'empêche pas de réfléchir depuis un certain temps. Ces réflexions vont un peu dans le même sens que celle qu'a entamée Monsieur Bürgi: je constate un certain sentiment de démotivation parmi les officiers et les sous-officiers qu'il m'arrive de rencontrer et avec lesquels je peux discuter de notre politique de sécurité.
Bien sûr, il ne s'agit en général pas de professionnels, et le débat est peut-être différent avec des officiers et des sous-officiers de milice qu'avec des professionnels. Mais il me semble entrevoir une réalité: l'un des facteurs qui les démotive le plus, c'est qu'ils ont encore le sentiment que le tournant - justifié - d'Armée XXI n'a pas été suffisamment prononcé et qu'avec notre armée on est encore assez loin des véritables enjeux, parce qu'on est encore trop orienté vers une menace de type classique. Ils n'arrivent pas à se représenter qu'ils font un travail utile, vraiment, en se préparant à des batailles de chars ou à de grandes batailles aériennes. Ils ont le sentiment que nous sommes trop orientés vers l'imagerie de la Deuxième Guerre mondiale, et même encore par celle de certaines batailles qui ont pu avoir lieu notamment au Moyen-Orient, mais que cela ne correspond pas à la réalité des menaces qui pèsent sur notre sécurité.
C'est la raison pour laquelle je pense que, puisque ce rapport est limité à l'examen de l'accomplissement des objectifs, nous ne pouvons pas aller tout à fait jusqu'au bout de la réflexion, parce que le faire, ce serait réfléchir vraiment, une fois encore, sur la question de savoir si nous sommes allés assez loin avec Armée XXI.