Ribaux Alain · Nationalrat · 2013-06-20
Ribaux Alain · Nationalrat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2013-06-20
Wortprotokoll
Les temps ont changé; on n'est plus en 1291. Espérer aujourd'hui que "la Suisse gère de manière autonome l'immigration des étrangers" est vain, creux, passéiste. C'est laisser penser que notre pays est un îlot à part, à l'abri des flux mondiaux de tous ordres. C'est laisser penser qu'il peut évoluer en toute indépendance et en autarcie.
Comment peut-on laisser croire à la population que l'Union européenne, avec ses 500 millions d'habitants, a plus besoin de la Suisse que l'inverse? Comment laisser imaginer au peuple que des restrictions à la libre circulation des personnes n'auraient pas de conséquences dramatiques dans une foule de domaines et notamment sur nos exportations? Comment seulement imaginer une seconde que les autres accords bilatéraux d'une importance vitale pour notre pays survivraient à une acceptation de l'initiative? Notre pays ne peut pas se permettre de dire oui à cette dernière. Il ne faut pas jouer avec le feu. La prospérité actuelle de la Suisse est presque miraculeuse dans une Europe en pleine déprime. Elle doit évidemment être attribuée, dans une substantielle mesure, aux accords bilatéraux, y compris celui sur la libre circulation des personnes. Le bon taux de chômage confirme d'ailleurs que l'afflux n'a pas une influence significative sur ce point.
Je ne parlerai même pas du mélange des genres: asile, main-d'oeuvre qualifiée, ça ne tient simplement pas la route! La rapporteure Isabelle Moret l'a évoqué, je n'y reviens pas.
Le groupe libéral-radical admet en revanche qu'un élément doit être relativisé: le flux migratoire ne va pas sauver l'AVS et l'AI. Pire, le répit actuel donne l'illusion que la situation est sous contrôle et ne fait ainsi que reporter les indispensables mesures destinées à consolider, pour les générations futures, ces deux assurances.
Enfin, le groupe libéral-radical ne nie pas que l'immigration aujourd'hui est forte et que les conséquences sont de nature à inquiéter. Des réponses sont et doivent être amenées en matière de pression sur les salaires, de pression sur le coût du logement, de pression sur l'utilisation du sol, sur les infrastructures routières et ferroviaires. Il y a une inquiétude à cet égard dans la population; des réponses doivent être données, en nuance et de manière multifactorielle, mais pas avec cette initiative.