Graber Jean-Pierre · Nationalrat · 2011-09-20
Graber Jean-Pierre · Nationalrat · Bern · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2011-09-20
Wortprotokoll
Rarement dans l'histoire, l'état des finances publiques aura autant influencé la situation économique et sociale des pays. Plusieurs d'entre eux, fortement endettés, viennent de couper dans leurs budgets et d'instituer à la hâte une "règle d'or" qui les obligera à présenter des budgets équilibrés. A court terme, ces mesures ne peuvent qu'entraîner une nouvelle récession.
Cette récession et la cherté du franc suisse constituent les deux défis majeurs auxquels est confrontée notre économie. Deux raisons expliquent la forte hausse de notre franc intervenue au cours des dernières années. D'une part, les marchés n'ayant en toute logique plus confiance dans la capacité de plusieurs Etats endettés à rembourser leurs dettes publiques ont trouvé dans le franc suisse une valeur refuge; d'autre part, le franc s'apprécie parce que notre balance des transactions courantes présente tendanciellement des soldes nettement plus favorables que ceux des Etats-Unis et de plusieurs grands pays européens et parce qu'à long terme notre taux d'inflation est plus bas qu'ailleurs.
Au moment de son introduction effective en 2002, l'euro valait 1,50 franc. En 2007, il a atteint son cours maximal face au franc, 1,68 franc, avant d'amorcer une décrue jusqu'à 1,03 franc le 10 août dernier. Depuis, il est remonté à 1,20 franc grâce aux interventions répétées et à la dernière annonce de la Banque nationale suisse. Par rapport au franc, le dollar vaut deux fois moins qu'il y a dix ans.
La cherté du franc suisse entrave nos exportations. En juin 2011, nos exportations vers l'Union européenne ont déjà connu un recul impressionnant de 14,6 pour cent par rapport à juin 2010, alors que ce recul ne s'élevait encore qu'à 1,3 pour cent pour l'ensemble du deuxième trimestre. Tout le monde comprend que cette situation risque d'entraîner des délocalisations, une augmentation importante du chômage et une contraction de notre économie.
Que faire pour affronter ces difficultés? Tout d'abord, réaffirmer que les mesures prises durant les six dernières semaines par la BNS pour contrer l'envol du franc étaient probablement les seules possibles dans le contexte actuel. Ensuite, redire que nos entreprises ont besoin de conditions-cadres propices pour maintenir leur compétitivité sur les marchés internationaux et qu'en particulier leurs coûts extrasalariaux doivent être maintenus à un niveau aussi bas que possible. Finalement, répéter que nos prélèvements obligatoires au sens large sont en augmentation constante, jusqu'à représenter aujourd'hui près de 43 pour cent du PIB. Il faut absolument mettre un terme à cette évolution délétère pour endiguer l'érosion continuelle du revenu disponible des ménages et préserver la capacité de la demande privée à stimuler la croissance économique.