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Polla Barbara · Nationalrat · 2003-06-16

Polla Barbara · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2003-06-16

Wortprotokoll

Le 10 septembre 2003 sera un anniversaire remarqué; cela fera une année que la Suisse sera devenue membre de l'ONU et je pense que nous serons nombreux à vouloir fêter cet anniversaire. La Suisse a adhéré à l'ONU grâce à notre soutien et malgré les craintes de certains, ces craintes dont les plus importantes se référaient, d'abord à la question de notre neutralité, ensuite à la question de l'efficacité d'une structure telle que l'ONU et enfin à la capacité de la Suisse à faire entendre sa voix.

En ce qui concerne la neutralité, je crois que nous sommes unanimes à constater que notre neutralité est parfaitement compatible avec notre adhésion à l'ONU. Aucun problème n'a été soulevé. Peut-être apparaîtra-t-il même bientôt que notre neutralité, comme nous l'avions suggéré, est un atout plutôt qu'une difficulté au sein de l'ONU, et peut-être qu'elle nous permettra justement d'agir dans le sens d'une augmentation de l'efficacité, grâce à une position privilégiée.

En ce qui concerne l'efficacité, les craintes de certains sont malheureusement vérifiées. Le point le plus évident est l'Irak; évidemment, il ne s'agit pas de l'efficacité de la Suisse au sein de l'ONU, mais de l'efficacité de l'organisme en tant que tel. La Suisse, dans toute la tradition de paix et de respect du droit qui la caractérise, s'est opposée au conflit en Irak sans l'accord du Conseil de sécurité et nous devons reconnaître l'inefficacité de l'ONU a faire accepter sa volonté. M. Gross Andreas a insisté là-dessus. A l'époque déjà, quand il était président de la Confédération au moment de l'adhésion, M. Villiger insistait sur le fait que la Suisse se devait d'être à la fois critique et constructive par rapport à l'ONU. Critique, bien sûr! mais il ne s'agit en aucun cas de renier l'ONU; au contraire, il s'agit, face aux plus puissants, de travailler à renforcer son pouvoir régulateur, son pouvoir modérateur, sa réelle capacité et son efficacité dans la résolution et la gestion des conflits. M. Gross Andreas a proposé l'idée d'un parlement de l'ONU. Je pense que la Suisse devrait, au sein de ce collège, apporter d'autres propositions qui permettraient réellement d'augmenter son efficacité.

Et puis finalement, la question était de savoir si la Suisse était capable de faire entendre sa voix dans ce cadre multilatéral universel. Je crois que les rapporteurs, en particulier M. Dupraz, l'ont bien souligné en donnant des exemples très concrets: la présidence du Conseil d'administration du Fonds des Nations Unies pour l'enfance qui est attribuée à la Suisse pour 2003; notre ambassadeur, M. Boulgaris, qui a été nommé vice-président du Comité exécutif du HCR et qui devrait en être président en 2004. Voilà une façon magnifique de faire entendre la voix de la Suisse à l'ONU.

La Suisse a fait entendre sa voix également dans beaucoup de domaines très spécifiques, dans des domaines dont les valeurs nous sont particulièrement chères, tels la paix, la sécurité, le désarmement - un domaine particulièrement important pour M. Dupraz, rapporteur -, l'engagement pour les droits de l'homme et l'engagement humanitaire en général, ensuite le développement et la lutte contre la pauvreté - M. Beck reviendra sur la question du développement, comme il reviendra aussi sur la question de l'efficacité et la nécessité que la Suisse contribue, au sein de l'ONU, à ce que le droit international ne soit pas seulement et plus jamais celui du plus fort, mais réellement un droit auquel nous pouvons adhérer. [PAGE 1042]

Un point, par contre, que les rapporteurs n'ont pas abordé, c'est la contribution de la Suisse à la politique internationale de lutte contre la drogue. Je profite de la discussion que nous venons d'avoir et allons avoir sur la politique de la drogue pour souligner l'importance de la cohérence entre la politique intérieure et la politique extérieure, si nous souhaitons effectivement une certaine efficacité. En effet, le 28 janvier 2003, la Suisse a voté la résolution que l'Assemblée générale de l'ONU a adoptée au cours de sa 57e session, au point 101 de son ordre du jour, à savoir la Résolution No 57/174 concernant la coopération internationale pour faire face au problème mondial de la drogue. La Suisse s'est notamment engagée à ce que "tous les Etats adoptent des mesures efficaces .... et renforcent leur système judiciaire et mènent, en coopération avec d'autres Etats, des activités efficaces de lutte contre la drogue", demandent "l'élimination des cultures de plantes servant à fabriquer des drogues illicites et les activités de substitution" et "tous les Etats donnent la priorité à l'élaboration et à la mise en oeuvre de politiques et programmes destinés à faire prendre davantage conscience .... des risques que comporte la consommation ...."

Je me permets d'insister là-dessus parce que je crois qu'il est essentiel, si nous voulons être efficaces, qu'il y ait une bonne cohérence entre la politique intérieure et la politique extérieure dans tous les domaines, la drogue en est un exemple, l'aide au développement en est un autre, dont parlera maintenant M. Beck.