Dupraz John · Nationalrat · 2003-06-16
Dupraz John · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2003-06-16
Wortprotokoll
Beaucoup de choses ont été dites, mais je rappellerai que nous ne sommes pas entrés, en commission, dans un débat de fond sur le Conseil de sécurité, sur le droit de veto, sur le droit international. Nous sommes restés factuels et nous en sommes tenus aux propos qui étaient relatés dans ce rapport. Il ne m'appartient pas de répondre aux questions qui ont été posées par les uns et les autres. Je crois que c'est le rôle du Conseil fédéral, car c'est avant tout à lui qu'incombe la responsabilité en matière de politique étrangère.
Permettez-moi quand même certaines remarques. M. Gross Andreas trouve que le rapport est un peu frileux, qu'il n'est pas assez critique vis-à-vis des Etats-Unis. Il faut constater une chose, c'est que jusqu'au 10 septembre de l'an passé, la Suisse était assise sur un strapontin, comme observateur. La Suisse est membre de l'ONU depuis le 10 septembre de l'année passée et le rapport porte pratiquement sur trois mois et demi d'activité en tant que membre de l'ONU. Pour ma part, je trouve que la Suisse a fait énormément en quelques semaines. Alors, je crois qu'il faut rester un peu modeste, on ne peut pas révolutionner la planète en quelques semaines.
Le Conseil de sécurité et le droit de veto: il faudra du temps pour réformer les choses. Il faut en discuter, mais je crois qu'il serait malvenu que le dernier membre, le nouveau venu dans l'assemblée de l'ONU dise: "Ecoutez, cela ne marche pas, il faut tout changer." Je crois qu'il faut rester un peu modeste. Je constate que la Suisse est présente, qu'elle dialogue, qu'elle propose, qu'elle argumente et qu'elle décide. Elle a beaucoup fait. Je doute d'ailleurs que l'on puisse avoir un système de fonctionnement de l'ONU où, d'une certaine façon, les plus puissants n'auraient pas quelque chose à dire. Je n'imagine pas que l'ONU prenne des décisions contre l'avis des plus puissants ou en l'ignorant; car, à ce moment-là, ceux-ci risqueraient de sortir de l'ONU et la situation serait bien pire. Donc, il faut trouver de nouveaux modes de fonctionnement, où les grands ont encore [PAGE 1044] quelque chose à dire, autrement ce serait grave pour le fonctionnement de l'ONU. Par ces propos, je n'approuve pas certaines décisions et certains comportements des Etats-Unis, qui sont aussi très critiquables.
Quand M. Baumann Ruedi dit que certains cow-boys feraient bien de retourner au Texas, je lui répondrai qu'un cow-boy peut en cacher un autre et qu'on ne résout pas les problèmes ainsi.
Monsieur Beck, j'ai été très heureux de vous entendre, car durant la campagne avant la votation sur l'adhésion à l'ONU, vous étiez plus que critique, puisque vous étiez un opposant! Je considère que votre pensée a fait une évolution remarquable et je constate que, maintenant, vous êtes très satisfait que la Suisse participe aux travaux de l'ONU et qu'elle y soit présente.
Quant à M. Schlüer, je ne cherche pas à le convaincre parce que, pour moi, c'est un cas désespéré quant aux affaires internationales.
Je vous demande de prendre acte de ce rapport qui met en évidence le travail remarquable qu'a effectué la Suisse. Je crois que l'on peut être reconnaissant non seulement envers le Conseil fédéral, mais aussi envers ses collaborateurs, ses ambassadeurs et tous les fonctionnaires qui siègent et qui travaillent à l'ONU.