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Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · 2014-09-18

Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2014-09-18

Wortprotokoll

Cette intervention m'a été inspirée par une prolifération incroyable de campagnols dans les campagnes de l'Arc jurassien en 2012, en particulier dans les Franches-Montagnes, le magnifique pays du cheval que vous connaissez toutes et tous. Les populations de campagnols étaient tellement abondantes que, par endroits, on avait littéralement l'impression que la terre avait été retournée, labourée, avec donc comme conséquences des pertes très importantes en fourrage et des entreprises agricoles en grandes difficultés au niveau de leur trésorerie.

Le Service de l'économie rurale du canton du Jura m'a communiqué les chiffres des conséquences de ce désastre: on estime que les agriculteurs de la zone touchée - environ 400 exploitations agricoles - ont perdu au total près de 6 millions de francs, soit environ une moyenne de 15 000 francs par exploitation. Mais il s'agit d'une moyenne, avec certaines exploitations touchées beaucoup plus lourdement, jusqu'à 50 pour cent de leur revenu annuel. Un véritable désastre!

La réponse des autorités dans cette histoire s'est limitée à des prêts sans intérêts - les bases légales manquent pour envisager plus. Des prêts sans intérêts, la belle affaire! C'est une réponse tout à fait insuffisante, vous en conviendrez, face au désarroi vécu par de nombreuses familles.

Des événements naturels extraordinaires dans les domaines de l'agriculture et de la sylviculture peuvent prendre des formes et des dimensions très variables. Une liste non exhaustive me permet de citer en premier lieu les ouragans, tel Lothar, les inondations, les périodes de sécheresse, que nous avons toutes et tous à l'esprit, mais aussi des événements d'une ampleur moindre, plus localisés, telle mon histoire de campagnols. Ces événements ne sont pas forcément tous traités de la même manière. Après Lothar, par exemple, pendant plusieurs années, les crédits d'investissements forestiers ont été augmentés. Pour la sécheresse dramatique de l'été 2003, des fonds d'urgence ont été libérés. Dans d'autres situations telle la grêle, des assurances existent. Mais que fait-on dans les situations plus rares, particulières, plus localisées? Aucune réponse claire et tenant compte des drames vécus n'existe, juste des prêts sans intérêts, mais qu'il faudra rembourser.

Je propose, par le biais de ce postulat, une étude sur l'opportunité de créer un fonds de secours pour apporter une aide concrète aux agriculteurs et aux protagonistes de la filière bois, en réponse à la survenue d'événements naturels extraordinaires.

Quelles sont ou seraient les situations envisageables? Avec les changements climatiques, l'ampleur et la fréquence de ces événements sont-elles susceptibles d'augmenter?

Face à des situations telles que l'ouragan Lothar, des inondations dramatiques ou des étés caniculaires, un tel fonds ne serait certainement pas la solution, eu égard aux sommes gigantesques qu'il faudrait prévoir et immobiliser, et surtout parce que, à ces occasions, des procédures budgétaires extraordinaires sont possibles. Un tel fonds prendrait toutefois toute sa signification dans le cas d'événements de [PAGE 1613] moindre ampleur, plus localisés et correspondant à des sommes moins importantes, comme par exemple le problème des campagnols que j'ai évoqué. Pour les paysans concernés par cette situation, je vous promets qu'une aide plus conséquente aurait été appréciée.

Par ce postulat, je demande simplement une étude d'opportunité. Un problème existe et, à travers ce postulat, je vous propose juste d'ouvrir le débat pour tenter de trouver une solution.