Bernasconi Madeleine · Nationalrat · 2001-11-29
Bernasconi Madeleine · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2001-11-29
Wortprotokoll
Si j'ai le plus grand respect pour la vie, et j'ai vu de très près ce que c'est aussi que de perdre des enfants désirés, en l'occurrence mes petites-filles, je ne peux accepter que l'on pénalise une femme au nom de principes. Pour des raisons qui lui sont propres, une femme choisit de ne pas pouvoir accepter de donner la vie. Nous sommes au XXIe siècle, et les progrès dans le domaine des sciences doivent absolument amener la femme à choisir de pouvoir donner cette vie.
Et, s'il vous plaît, ne reparlez pas des ennuis qu'on peut avoir maintenant, mais plutôt des détresses du XIXe et du début du XXe siècles quand une femme, pour des raisons liées à son entourage ou à son choix, vivait des situations extrêmement difficiles et était rejetée de la société parce qu'elle était fille-mère. Si maintenant ce n'est plus le cas, ce n'est pas une raison pour empêcher une femme de faire ce choix en toute connaissance de cause des effets qui peuvent être aussi négatifs, parce que c'est certainement une chose extrêmement difficile que de devoir choisir de ne pas donner la vie. Comme vous l'avez déjà dit, ce n'est jamais un moment facile pour une femme de faire ce choix-là. Il me semble que l'on doit faire confiance aux femmes. Elles sont adultes, comme vous, Messieurs et Mesdames qui pensez que les femmes ne peuvent pas choisir leur chemin et leur vie.
Naturellement, nous devons renforcer la prévention. Le travail dans les écoles est extrêmement important et c'est ce qui donnera aussi la qualité du choix de la vie. Donner la vie, pour moi, est un acte de foi, un acte d'amour, donc un acte choisi dans la joie et naturellement en connaissance de cause.
C'est pour ces raisons, parce que j'aime la vie, que je vous dis qu'il faut rejeter l'initiative populaire "pour la mère et l'enfant" qui ne correspond pas aux droits fondamentaux des hommes et des femmes de ce pays.