Recordon Luc · Ständerat · 2008-06-02
Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2008-06-02
Wortprotokoll
Nos relations avec l'Union européenne, c'est un peu comme un mariage qui est perpétuellement à l'essai: il faut se remarier à chaque fois. Pourquoi? Car, à chaque fois qu'il y a une extension de l'Union européenne, le conjoint change fondamentalement. Nous ne pouvons pas nous épargner cela. Ce sera une difficulté permanente avec l'arrivée probable de nouveaux Etats membres comme la Croatie, la Macédoine, etc.
Aujourd'hui, la seule particularité, c'est qu'une de ces extensions coïncide avec le moment où nous devons confirmer, comme cela avait été prévu, notre décision de principe sur la libre circulation des personnes. A cause de cette coïncidence, on voudrait nous faire croire que la situation est fondamentalement différente des autres cas. Certes non! Il n'y a qu'une alternative: continuer ou arrêter, confirmer le mariage ou divorcer. Et que l'on dise "non, non" ou "oui, non", de toute façon l'issue sera la même: il faudra renégocier avec l'Union européenne. Toute tentative de mettre en évidence des différences politiques réelles est vouée à l'échec. Cela n'a pas de sens. C'est au mieux une argutie juridique; et encore, c'est faire injure aux juristes que de le dire.
Le peuple ne s'y trompera pas. Le peuple n'est pas aussi bête que l'on voudrait bien parfois le dire. On l'a vu encore le week-end dernier: il est parfaitement capable de comprendre que trop de démocratie ou de prétendue démocratie, ce n'est plus de la démocratie. En réalité, il se plaint bien plutôt quand on fait appel à lui trop souvent ou de manière trop compliquée, alors que la réalité des choix politiques est peut-être plus simple.
C'est précisément le cas ici: il n'y a qu'un choix politique véritable, unique. Et il n'y a donc pas de raison, arbitrairement, de séparer en deux une question qui est fondamentalement unitaire.
Je vous invite à maintenir notre décision.