Burkhalter Didier · Bundesrat · 2013-12-02
Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2013-12-02
Wortprotokoll
Dès que la Suisse a pris connaissance de cette tragédie, à savoir du meurtre de Monsieur Lopez Trivino, elle a pris contact avec l'entreprise Nestlé, en Colombie et aussi en Suisse, afin de connaître sa version des faits. L'entreprise a affirmé être profondément choquée par ce meurtre et a souligné avoir toujours publiquement condamné toute forme de violence à l'encontre de syndicalistes. Nestlé a confirmé avoir demandé une enquête exhaustive aux autorités colombiennes compétentes.
La Colombie est un pays dans lequel, outre le conflit armé interne qui oppose la guérilla des FARC et de l'ELN à l'armée, sévit depuis des décennies un climat de violence généralisée, propice aux menaces dont sont victimes des syndicalistes. Ce phénomène étant particulièrement marqué dans la région concernée, la discussion avec Nestlé a également porté sur les mesures de protection adoptées dans le contexte actuel et sur l'importance du dialogue. Sur ces deux points, Nestlé a confirmé avoir proposé des mesures de sécurité additionnelles aux syndicalistes ciblés par les menaces et a confirmé la reprise du dialogue avec ceux-ci.
La grève de la faim entamée par quatre syndicalistes de Sinaltrainal s'est terminée après une semaine, le 12 novembre 2013. Nestlé nous a aussi assurés que ses cadres sont conscients de l'importance de la communication dans ces contextes difficiles. La Suisse est en dialogue permanent avec les entreprises suisses en Colombie - y compris avec Nestlé - sur diverses questions, en particulier sur celles du domaine "entreprises et droits de l'homme" et sur la question plus large de la responsabilité sociale des entreprises.
La Suisse promeut l'application des principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l'homme et elle met l'accent sur le développement d'initiatives à caractère volontaire assorties des mécanismes de redevabilité.
Puisque la question porte également sur l'accord de libre-échange, j'ajouterai ceci. Le Conseil fédéral est convaincu que l'accord de libre-échange, grâce au renforcement des engagements bilatéraux et multilatéraux, favorise l'Etat de droit. Les accords de libre-échange renforcent en effet les relations entre les différents acteurs et permettent d'intensifier les échanges. Ce sont deux éléments fondamentaux pour la promotion de nos valeurs, à savoir notamment la démocratie et le respect des droits de l'homme. La Suisse suit la situation au travers des instances internationales, en particulier de l'examen périodique universel. Elle est aussi fortement engagée en Colombie dans le cadre d'une série de programmes de coopération humanitaire liés à la sécurité humaine, y compris, à nouveau, à la responsabilité sociale des entreprises.