Recordon Luc · Ständerat · 2015-03-12
Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2015-03-12
Wortprotokoll
Un certain nombre d'interventions m'amènent à prendre la parole, ce que je n'aurais pas forcément souhaité, dans l'optique de ne pas prolonger le débat.
Il me semble que nous avons à faire face à une profonde méconnaissance de l'importance économique de la culture. Il y a quelques années, l'Office fédéral de la culture avait calculé le poids de la culture dans le produit intérieur brut et en termes d'emplois. Si mes souvenirs sont bons, le nombre d'emplois concernés était pratiquement aussi important que celui des emplois liés à la place financière. Evidemment, il n'en va pas de même en ce qui concerne la part du produit intérieur brut puisque, très regrettablement, les acteurs de la culture sont fort mal payés.
A ce premier facteur s'ajoute le facteur d'induction. Les mêmes milieux qui, aujourd'hui, se récrient contre l'argent que - si je comprends bien - l'on jetterait avec légèreté dans le domaine de la culture sont de ceux qui, souvent, réclament que l'on aide davantage le tourisme. Dieu sait si le tourisme en Suisse, particulièrement le tourisme urbain mais aussi celui des vallées - pensez aux festivals qui ont lieu à Verbier ou à Gstaad, pour prendre ceux que je connais le mieux - bénéficie de manière très importante de l'apport économique et de l'attrait que la culture suscite. Il ne s'agit donc pas du tout de traiter cela par-dessous la jambe, comme j'ai eu le sentiment que c'était le cas lors de précédentes interventions.
Sur le plan des finances fédérales, je suis quelque peu choqué: j'ai l'impression que l'on traite le Conseil fédéral et la commission comme s'ils étaient de véritables inconscients et comme si les montants dont il est question ne s'inscrivaient pas déjà dans un plan financier réfléchi. Certes, notre situation a pu avoir tendance à se détériorer ces derniers temps, mais il faut savoir mettre son argent là où cela est utile, particulièrement dans l'optique du tourisme.
Enfin, ceux qui accuseraient la majorité qui se dessine de faire preuve d'inconscience financière sont curieusement aussi ceux qui, pas plus tard qu'hier dans le traitement de l'initiative dite "vache à lait", étaient prêts à faire de l'acrobatie financière fort peu réfléchie.