Lexipedia

Berberat Didier · Ständerat · 2014-06-19

Berberat Didier · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2014-06-19

Wortprotokoll

Comme vous le savez, l'énergie grise est la quantité d'énergie nécessaire au cycle de vie d'un matériau ou d'un produit, cela comprend donc la production, l'extraction, la transformation, la fabrication, le transport, la mise en oeuvre, l'utilisation, l'entretien et, pour finir, le recyclage. Toutes ces étapes ont une influence sur les matières premières et la consommation d'énergie.

Dans sa réponse écrite, qui me satisfait partiellement, le Conseil fédéral affirme qu'il a pour but de préserver les ressources naturelles, ce qui est tout à fait louable, mais que fait-il concrètement pour y parvenir? Si, dans sa réponse, le Conseil fédéral indique bien que 60 pour cent des atteintes à l'environnement imputables à la Suisse sont générées à l'étranger, notre gouvernement glisse, sémantiquement en quelque sorte, de l'énergie grise à l'énergie comme facteur déterminant. A mes yeux, il serait plus pertinent d'inverser ce propos. En effet, s'il est communément admis que, pour économiser l'énergie, le moyen le plus simple est de ne pas en dépenser, il en va de même pour l'énergie grise. Elle peut aussi être judicieusement économisée en réparant autant que possible tous les objets usuels qui finissent souvent trop tôt au rebut. En réparant, on évite d'extraire des ressources naturelles limitées, qu'il s'agisse par exemple de sable, d'argile, de pétrole, de fer, de cuivre ou d'autres métaux plus rares.

Le gouvernement mentionne dans sa réponse le recyclage des matières premières, ce qui est très positif, la préparation au recyclage, il envisage même parfois des taxes incitatives pour favoriser le recyclage, mais strictement rien n'est prévu pour favoriser ou soutenir la réparation des objets qui pourraient encore avoir un cycle de vie supplémentaire.

Le problème est que la politique énergétique nationale actuelle, à laquelle je souscris d'ailleurs, est axée uniquement sur l'efficacité énergétique des objets et véhicules entrant sur notre territoire - il faut voir à ce propos le dernier paragraphe de la réponse du Conseil fédéral. Cette politique cherchant à réduire les émissions de CO2 et la consommation d'électricité sous le ciel helvétique tend systématiquement à inciter la population à renouveler régulièrement son matériel. Cet état de fait, qui part d'un bon sentiment, a un effet pernicieux toutefois, car il entraîne automatiquement de l'autre côté de la planète une utilisation accrue des ressources naturelles, d'énergie et de produits chimiques toxiques.

Donc, nous sommes face à une contradiction dans la mesure où l'on souhaite, et c'est louable, avoir des véhicules qui sont de plus en plus propres, des appareils électriques qui consomment de moins en moins, mais souvent on jette trop vite les anciens appareils, ce qui en fin de compte conduit à gaspiller en quelque sorte l'énergie qui a été dépensée pour les construire. En fait, le problème est le suivant: c'est chez nous que les économies d'énergie se font et c'est souvent dans les pays étrangers que la consommation se fait. C'est un problème mondial et j'estime qu'il est intéressant de suivre ce sujet, même si la réponse du Conseil fédéral - je le répète - n'est pas totalement satisfaisante.

Je prends au moins acte du fait qu'il y a une certaine sensibilisation du Conseil fédéral. Peut-être qu'il s'agira d'ici quelque temps de revenir à la charge sur ces questions. Je remercie donc le Conseil fédéral de sa réponse.