Lüscher Christian · Nationalrat · 2012-09-27
Lüscher Christian · Nationalrat · Genf · FDP-Liberale Fraktion · 2012-09-27
Wortprotokoll
Le groupe libéral-radical milite pour une place financière forte, créatrice d'emplois et profitable au bien commun.
Je suis toujours frappé par le fait que ceux qui s'attaquent à la place financière et mettent ainsi en péril des dizaines de milliers d'emplois sont les mêmes qui, par ailleurs, ne cessent d'exiger des prestations supplémentaires de la part de l'Etat providence. Je suis assez choqué, Monsieur Schwaab, que vous puissiez à la fois demander l'échange automatique d'informations, qui à très court terme provoquerait l'effondrement de la place financière suisse et donc la perte de dizaines de milliers d'emplois, et prétendre en même temps vouloir sauvegarder les intérêts des employés de banque.
Promouvoir la place financière suisse et la prospérité, cela ne signifie évidemment pas ne pas reconnaître les erreurs du passé, voire ne pas fustiger la poignée de dirigeants qui a mis en péril notre système bancaire par appât du gain. C'est précisément en reconnaissant ces erreurs et en les corrigeant que nous assurerons son avenir.
Aujourd'hui, le groupe libéral-radical, le Conseil fédéral et les banques aussi veulent une place financière propre qui garantit la fiscalisation des avoirs étrangers, tout en préservant la sphère privée des détenteurs d'avoirs. Dans ce sens, nous saluons la signature de conventions conclues avec certains pays de l'Union européenne et qui visent à créer un impôt libératoire. Il s'agit d'un véritable sas de décontamination. Il s'agit de nettoyer le passé. Il s'agit de faire "tabula rasa".
De tels accords devraient être généralisés avec de nombreux pays. Ils sont d'ailleurs soutenus par des ministres des finances cantonaux, tel David Hiler à Genève, membre du Parti des Verts. Et puis, avec les Etats-Unis, il faut évidemment signer une convention globale qui permette de mettre à l'abri les employés de banque dont les noms ont été livrés aux Etats-Unis, en tout cas pour ceux qui n'ont rien à se reprocher. De ce côté-là, le Conseil fédéral a aujourd'hui une véritable responsabilité de sauvegarde vis-à-vis des citoyens suisses.
Grâce à une politique résolument orientée vers une place financière forte, détentrice d'avoirs fiscalisés et respectueuse de la sphère privée, la place financière se renforcera et les banques retourneront à leur pratique traditionnelle, à savoir la préservation des avoirs des clients.
Cette politique permet aussi aux banques de se réinventer et d'orienter leur politique vers la gestion de fortune, l'"asset management", le négoce et le traitement de devises, fortes de leur savoir-faire qui fait d'elles des actrices essentielles du marché financier sur le plan international. Tout doit être également fait pour leur permettre l'accès au marché extérieur.
Enfin, le groupe libéral-radical attend de la FINMA qu'elle applique à la lettre la loi dont l'une des composantes essentielles est la promotion de la compétitivité de la place financière suisse, qu'elle semble pour l'instant négliger. En militant pour une place financière forte qui accueille des avoirs fiscalisés, le groupe libéral-radical est fidèle à sa volonté de préserver en Suisse des dizaines, voire des centaines de milliers d'emplois et d'en créer de nouveaux pour le bien commun et la prospérité de la Suisse. Nous ne devons ni nous isoler, comme certains le demandent à droite de l'échiquier politique, ni encore moins, comme on le dit à gauche, affaiblir la place financière suisse, ce qui conduirait - je le précise une fois encore - à la perte de milliers d'emplois.
Nous devons trouver une politique qui permette de garder la confiance de nos clients à l'étranger et en Suisse et, dans ce sens-là, nous demandons au Conseil fédéral de continuer sa politique de place financière forte et propre.