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Maury Pasquier Liliane · Ständerat · 2012-09-26

Maury Pasquier Liliane · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-09-26

Wortprotokoll

L'initiative dont nous discutons aujourd'hui, sans offrir à elle seule un remède miracle, vise tout au moins à ne pas aggraver la pénurie de médecins qui menace notre pays. Comment peut-on déplorer le recours croissant et aujourd'hui nécessaire à des médecins venant de l'étranger tout en multipliant les obstacles pour les jeunes de Suisse dans l'accès à cette profession? Car les coûts totaux de 2200 francs supportés par les étudiantes et les étudiants pour l'examen et le diplôme fédéraux de médecine, qui équivalent à plus du triple de ce qui leur était demandé auparavant, constituent bel et bien un obstacle. Un obstacle de trop au terme d'études longues, coûteuses et dont le niveau d'exigence ne permet guère d'exercer une activité lucrative parallèle. Dans le même temps, les médecins formés en Allemagne, qui n'ont rien dû payer pour leur examen de fin d'études, dépenseront 680 francs seulement pour la reconnaissance de leur diplôme en Suisse, soit un tiers même pas du montant des taxes relatives à l'examen fédéral de médecine dans notre pays.

La présente initiative permet donc de remédier à l'inégalité qui existe aujourd'hui entre les médecins formés en Suisse et les 22 pour cent de médecins qui exercent chez nous mais qui sont formés ailleurs. Elle vise aussi à enrayer une autre inégalité, celle qui se creuse entre étudiantes et étudiants de différentes filières professionnelles. Comment peut-on en effet justifier que les futurs médecins doivent s'acquitter de milliers de francs pour leur examen final alors qu'un étudiant d'une haute école spécialisée ou une apprentie le passe gratuitement et qu'une ingénieure EPF ne paye pas un centime pour décrocher son diplôme pourtant tout aussi fédéral?

Les coûts effectifs des différentes filières n'ont en tout cas rien à y voir. En effet, selon le principe du financement de la formation en Suisse, les taxes d'études revêtent un caractère symbolique et ne sont pas fondées sur les coûts réels. Ceci dans le but évident de permettre à tous les talents de s'épanouir dans leur domaine de prédilection et de bénéficier en retour à la collectivité. Cette politique place d'ailleurs nos instituts de formation à un niveau élevé en comparaison mondiale.

Le nouvel examen fédéral a pour but de vérifier la qualité de la formation offerte par les cantons. Très bien! Mais, la qualité ne doit pas aller sans la quantité. Or, pour maintenir la qualité des soins à la population, la Suisse devrait former 20 pour cent de médecins en plus. Dans ces conditions, nous devons tout faire pour faciliter et encourager l'accès à la formation et au titre. La réduction des taxes pour l'examen fédéral de médecine va assurément dans ce sens.

C'est pourquoi une forte minorité de la commission vous invite à adopter la proposition de la Commission de la science, de l'éducation et de la culture du Conseil national et à vous rallier à la décision du Conseil national. En son nom, je vous remercie de donner suite à cette initiative.