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Voruz Eric · Nationalrat · 2012-12-12

Voruz Eric · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-12-12

Wortprotokoll

L'initiative du GSsA pour l'abrogation du service militaire obligatoire vous convient-elle? Réponse: "Elle me convient, car elle provoquera un nouveau débat de fond devant le peuple si le nombre de signatures est réuni." Pencheriez-vous plutôt pour un contre-projet? Réponse: "Un contre-projet pourrait justement débloquer une situation actuellement insatisfaisante, notamment en ce qui concerne une obligation de servir sous forme différente, qu'elle soit militaire ou civile."

Ce que je viens de citer, ce sont les réponses à quelques questions qui m'ont été posées par la "Revue militaire suisse", pour son numéro d'avril 2012. Sur ces points, je n'ai donc pas changé d'avis. J'aurais espéré que le gouvernement présente son arrêté fédéral relatif à l'initiative populaire sous une forme différente, à savoir sous la forme d'un arrêté fédéral accompagné d'un contre-projet volontariste précisant les réalités d'une situation internationale en pleine mutation, mais qui n'est pas celle que nous décrivent tant le chef du DDPS que le chef de l'armée.

Nous constatons que nous sommes surtout victimes des cyberguerres qui touchent aujourd'hui notre pays. Si nous lisons les déclarations de plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement, nous pouvons nous rendre compte, qu'ils soient israélien, américain, anglais, allemand ou même indien, qu'ils axent une bonne partie de leur budget de la défense sur la lutte contre la cyberguerre dont, selon la chancelière Angela Merkel, les attaques sont aussi dangereuses que dans une guerre conventionnelle. Cela veut dire que les cyberguerres doivent être analysées davantage comme un danger réel d'une guerre sans merci, d'autant plus qu'elles sont sournoises et même invisibles. Ce n'est donc pas sur la préparation d'une guerre conventionnelle que nous devons axer nos efforts, mais surtout sur la bonne préparation d'une lutte efficace contre les menaces des cyberguerres.

Malheureusement, le Conseil fédéral et son département, le DDPS, n'ont pas compris cette situation.

Le Service de renseignement de la Confédération est en crise et on veut préparer notre armée suisse à une simple guerre conventionnelle en envoyant nos troupes aux frontières, de peur de nous voir envahis par une population touchée par la crise sociale. Heureusement, nous pouvons aussi nous fier au Service de renseignement de l'armée qui nous renseigne sur la réalité du terrain dans les pays touchés par diverses crises. Mais voilà, il faut que ce service soit muni d'instruments modernes pour poursuivre sa tâche, car c'est par lui que nous pouvons, et que nous pourrons par la suite, orienter le système de défense dont la Suisse a besoin.

Ainsi, à défaut d'éléments nous permettant d'analyser la situation réelle de notre temps - et non de celui qui a prévalu avant la guerre de 1939-1945! -, cette initiative populaire est une réponse qui ne me satisfait pas, mais qui n'est contrée par aucune alternative crédible. Et pourtant, l'occasion de le faire était donnée au moment de contrer l'initiative du GSsA!

Face à un statu quo dépassé et une initiative qui ne répond pas ou plus à la situation actuelle, je soutiendrai cette initiative par provocation, en rejetant l'inaction du DDPS face à d'autres solutions qu'il n'a pas été capable de présenter pour répondre aux réels dangers qui nous guettent. Pour cette raison, j'avais soutenu la proposition déposée par Monsieur van Singer en séance de commission.