Langenberger Christiane · Ständerat · 2001-11-27
Langenberger Christiane · Ständerat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2001-11-27
Wortprotokoll
Je ne sais pas de quelle catégorie je fais partie: est-ce de celle qui demande un peu plus de dessert ou un peu plus d'entrée, Monsieur le Conseiller fédéral? Mais enfin, je défends cette position.
J'ai bien écouté les avertissements de prudence de M. Merz et du Conseil fédéral. J'y suis sensible aussi comme vous. Néanmoins, j'aimerais revenir sur ce problème du cinéma, [PAGE 769] parce que nous avons eu l'occasion d'en parler à plusieurs reprises lors des dernières sessions.
J'aimerais vous rappeler qu'il y a une demande d'augmentation qui émane de la Commission des finances du Conseil national et que je vous propose un montant légèrement inférieur. J'aimerais aussi souligner à quel point, lors de nos débats sur la loi sur le cinéma, qui ont été longs et fastidieux, nous avons néanmoins reconnu l'importance de cette branche comme soutien à notre pluriculturalité en Suisse. C'est important de le relever. Le "grounding" des avions Swissair, l'affaire Sabena, ont à nouveau porté atteinte à l'image de notre pays. Or, l'audiovisuel est un moyen primordial de réaffirmer nos valeurs, de nous faire connaître tels que nous sommes.
Le film documentaire suisse est réputé à l'échelle internationale. Il est diffusé dans le monde entier. Sans se concentrer uniquement sur des problématiques internes, nos documentaristes montrent également des réalités lointaines, démontrant ainsi que la Suisse s'intéresse également aux autres, qu'elle n'est pas repliée sur elle-même. La fiction suisse, quant à elle, parvient aussi à faire connaître notre pays, notre environnement, nos richesses par-delà les frontières. Mais, comme vous le savez, l'accès au marché est devenu de plus en plus difficile, la concurrence est rude.
Les 2 millions de francs supplémentaires inscrits au budget par le Conseil fédéral ne le sont pas en réalité. Rappelez-vous que nous avons largement approuvé "Succès suisse", qui incite notamment les réalisateurs et les producteurs à trouver leur public. Or, "Succès suisse" était jusqu'ici partiellement financé dans sa phase probatoire par des institutions privées. Avec la nouvelle loi sur le cinéma, c'est à la Confédération de le financer, ce qui mobilise précisément ces 2 millions de francs.
Le crédit cinéma, actuellement, craque sous toutes ses coutures, à tel point que l'année passée, au milieu de l'année, il n'y avait plus un sou dans les caisses. Si nous ne faisons pas un réel geste financier en portant pour 2002 ce crédit à au moins ce que je propose, soit 25 millions de francs, nous prenons le risque de casser la dynamique que la profession a lancée depuis plusieurs années avec l'aide de SRG SSR Idée suisse dans le cadre du Pacte de l'audiovisuel. Or, ce Pacte de l'audiovisuel, sachez-le, a une reconnaissance au niveau international parce que c'est la première fois que ces deux entités travaillent aussi intensément ensemble.
C'est pourquoi je vous propose d'augmenter cette position de 19 095 000 francs à 25 095 000 francs. C'est donc une situation intermédiaire par rapport à ce que demande le Conseil national.