Maire Jacques-André · Nationalrat · 2013-03-05
Maire Jacques-André · Nationalrat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-03-05
Wortprotokoll
Le groupe socialiste attache bien entendu une grande importance à la formation - cela a été relevé tout à l'heure par d'autres intervenants -, importance pour l'économie mais aussi pour les travailleurs, importance de la formation de base et, ce qui nous préoccupe aujourd'hui, importance de la formation continue et du perfectionnement professionnel.
Qu'il n'y ait pas d'ambiguïté par rapport à la position que nous allons défendre: nous soutenons sans réserve les efforts que nous pouvons faire pour développer la formation dans notre pays. Mais soutenir, cela veut aussi dire soutenir efficacement. Comme les rapporteurs l'ont rappelé tout à l'heure, les études qui ont été faites sur l'efficacité des baisses fiscales en matière d'incitation à la formation sont claires: les incitations ne sont pas au rendez-vous lorsque l'on procède par des baisses fiscales; les études le montrent.
Je suis donc un peu surpris d'entendre les représentants de groupes qui sont très attachés à une bonne utilisation des moyens de l'Etat venir promouvoir ces moyens-là. Si nous voulons investir de façon efficace les deniers publics pour soutenir la formation, il faut procéder autrement et les études de l'Université de Berne le montrent également: c'est par des outils tels que les bons de formation ou les chèques de formation que l'on peut réellement inciter à se former les personnes qui en ont le plus besoin, c'est-à-dire les personnes peu qualifiées. Les déductions fiscales vont avantager des personnes qui n'en ont pas le plus grand besoin, des personnes qui de toute manière se formeraient, des personnes qui ont des revenus confortables. Et nous savons que le système des déductions fiscales avantage en priorité les revenus les plus confortables.
C'est pourquoi notre groupe soutiendra la proposition de la minorité Fässler Hildegard, qui consiste à reprendre ce problème, à remettre l'ouvrage sur le métier, pour réellement investir de l'argent public là où c'est efficace, pour pouvoir cibler les aides auprès des personnes qui ont le plus besoin d'une formation. Donc, reprenons la question des bons et des chèques de formation, avec des moyens d'ailleurs équivalents à ce que coûteront les déductions fiscales, parce que ce sont quand même quelques dizaines de millions de francs que les collectivités publiques ne récolteront plus avec le système de déduction fiscale.
Je vous invite, au nom du groupe socialiste, à soutenir la minorité Fässler Hildegard et à reprendre cette question de l'aide à la formation en d'autres termes.