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Recordon Luc · Ständerat · 2015-09-07

Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2015-09-07

Wortprotokoll

Je peux développer maintenant quelques arguments de fond. La première chose que je veux dire, c'est que sur le problème général de l'achat de drones à l'Etat d'Israël, je n'entrerai pas dans les détails concernant les questions techniques qui pourront se poser, si vous rejetez la pétition sans y donner suite.

Sur le principe, les pétitionnaires demandent que nous n'achetions plus d'armes à des Etats qui sont en conflit ou en conflit larvé. C'est très malheureux que cela touche l'Etat d'Israël. Je suis loin d'être un antisémite, bien au contraire je ne cesse de me battre contre différents actes racistes et antisémites. Je suis membre de la Ligue internationale contre [PAGE 699] le racisme et l'antisémitisme, donc peu susceptible de prendre cette position par hostilité envers la communauté juive ou même l'Etat d'Israël, dont l'existence doit être maintenue, on doit le répéter. Mais c'est une question de principe: l'Etat d'Israël, comme n'importe quelle puissance occupante - nous le savons, notre Commission de politique extérieure est allée en délégation récemment dans ce pays et elle n'a même pas pu accéder à Gaza -, respecte mal les droits des populations. Il use parfois de moyens extrêmement violents. Ce serait beaucoup plus visible si les drones étaient achetés à la Russie et qu'ils puissent être utilisés dans le Donbass. Là aussi, la puissance qui soutient une minorité, de la même manière qu'une puissance occupante, ne respecte pas tous les droits des populations, c'est le moins qu'on puisse dire. Il y aussi des choses à dire du côté ukrainien. Je ne veux pas entrer dans ce débat.

Je dis cela pour illustrer le fait que quand on achète des armes à une puissance en guerre - et il y a de plus en plus de guerres asymétriques sur notre planète, vous le savez -, on met le doigt dans l'engrenage qui conduit à servir de terrain d'exercice, d'aide à l'entraînement et au test de ces armes. Cela est extrêmement regrettable, infiniment plus encore sur le plan politique, sur celui de notre image, de par notre position de dépositaire des Conventions de Genève, qui ne sont pas pleinement respectées dans le cas particulier par l'Etat qui voudrait nous vendre les armes.

Pour ces raisons, et quoi qu'en pense la Direction du droit international public - dont je ne partage d'ailleurs pas les conclusions -, c'est une faute politique assez grave que d'acheter ces drones à Israël.