Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · 2002-03-05
Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2002-03-05
Wortprotokoll
Au nom du groupe socialiste unanime, je vous demande d'entrer en matière sur le projet d'arrêté fédéral concernant le financement de l'aide [PAGE 42] humanitaire internationale de la Confédération et d'accepter cet arrêté. Un projet que la Commission de politique extérieure a elle aussi approuvé à l'unanimité, raison pour laquelle je serai assez bref.
Alors que l'actuel crédit-cadre de 1050 millions de francs sera épuisé en 2002, la projet qui nous est soumis propose un nouveau crédit-cadre de 1,5 milliard de francs concernant la continuation de l'aide humanitaire internationale pour la période 2002-2006. Comme cela a déjà été dit, le message du Conseil fédéral relatif à ce projet intègre deux messages. Pour la première fois et contrairement à ce qui était pratiqué jusqu'ici, le financement par la Confédération des frais du Comité international de la Croix-Rouge, le CICR, induits au siège par ses activités de soutien aux opérations sur le terrain, est inclus dans le présent crédit-cadre. Le groupe socialiste est d'accord avec cette manière de voir, car cette nouvelle méthode permet de donner une visibilité plus forte à l'effort total de notre pays en faveur du CICR.
Comme vous l'aurez constaté à la lecture des chiffres, le nouveau crédit-cadre augmente sensiblement, de l'ordre de 450 millions de francs par rapport au précédent. Trois éléments permettent d'expliquer cette hausse importante:
1. Le fait que la contribution de la Suisse au budget siège du CICR est désormais intégrée au crédit. C'est le principal motif d'augmentation, puisque cette intégration porte sur un montant de 280 millions de francs.
2. Le fait que le Parlement et le Gouvernement aient pour objectif d'augmenter le montant alloué par la Suisse à l'aide publique au développement afin de la voir accéder progressivement à 0,4 pour cent du produit national brut à la fin de cette décennie, alors qu'aujourd'hui cette aide oscille entre 0,32 et 0,34 pour cent du même PNB selon les années. Le groupe socialiste soutient cet objectif à fond, même s'il estime que cet effort est encore insuffisant et que la Suisse ne devrait pas trop tarder à atteindre l'objectif fixé par les Nations Unies, à savoir 0,7 pour cent du PNB, objectif qui a déjà été atteint voire dépassé par quelques pays, à savoir les pays d'Europe du Nord.
3. Le fait que des voix se soient élevées au sein de ce Parlement, mais aussi en dehors, pour exiger une augmentation de l'engagement humanitaire de la Suisse. Pour le groupe socialiste, cet effort supplémentaire est logique, car si le nombre des conflits qui ravagent la planète semble s'être stabilisé, le nombre des victimes en revanche n'a lui pas diminué.
"Face à un enfant qui meurt de faim, 'La Nausée' ne peut rien" a dit un jour Jean-Paul Sartre en parlant de son plus célèbre roman. Il voulait ainsi relativiser la portée de son engagement intellectuel et politique. Eh bien nous, nous avons un peu plus de chance que Jean-Paul Sartre, car si nous acceptons le nouveau crédit-cadre qui nous est soumis, nous pourrons en faire davantage que jusqu'ici pour des enfants et d'autres êtres humains qui souffrent, victimes non seulement de conflits armés mais aussi de catastrophes naturelles, écologiques ou encore technologiques.
De ce fait, nous contribuerons à restaurer la dignité de l'humanité et, du même coup, à améliorer l'image de la Suisse dans le monde.