Couchepin Pascal · Bundesrat · 2002-03-06
Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2002-03-06
Wortprotokoll
Nous sommes prêts à accepter le postulat. Il ne faut pas en faire une affaire dogmatique, il ne s'agit pas de dire, lorsqu'on accepte le postulat, qu'on accepte le salaire minimum. Notre volonté, c'est d'avoir la vision la plus scientifique possible de ce problème et puis, après, la politique décidera.
Dans cet esprit-là, nous avons confié un mandat à deux professeurs de l'Université de Berne. Le titre du rapport qu'ils doivent nous produire sera: "Les travailleurs pauvres en Suisse. Une analyse de solutions alternatives en matière de politique économique." Le problème existe, il y a plusieurs centaines de milliers de "working poor", ils appartiennent à des catégories très différentes, par conséquent, le traitement sera probablement différent. Mais le problème existe et si on peut avoir une discussion politique sur une base plus scientifique, je crois qu'on doit le faire. Nous espérons avoir ce rapport avant les vacances d'été et pouvoir le présenter. Personnellement, je doute qu'il aille dans le sens de l'introduction d'un salaire minimum légal, mais ce sera une des possibilités qui sera étudiée avec le pour et le contre.
C'est la raison pour laquelle je crois que vous pouvez transmettre le postulat.
A la limite, si vous ne le transmettez pas, ça ne change strictement rien: le rapport va venir quand même. Ce n'est pas par désobéissance à l'égard du Parlement, mais, simplement, c'est en route et en transmettant le postulat, vous ne faites que confirmer un mouvement qui a déjà été mis en marche. C'était intéressant d'avoir le débat et de constater que ceux d'entre vous qui se sont exprimés contre la transmission du postulat s'expriment en réalité contre une des solutions possibles au problème des "working poor": le salaire minimum. Nous avons pris note que l'opposition à cet instrument est très forte, et je la comprends bien, parce que, fondamentalement, je suis d'avis que ce n'est pas une bonne solution. Mais essayons de le voir scientifiquement.