Antille Charles-Albert · Nationalrat · 2002-03-06
Antille Charles-Albert · Nationalrat · Wallis · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2002-03-06
Wortprotokoll
En évoquant la problématique des salaires minimaux, la Session des jeunes a soulevé un important sujet. Par définition, il n'y aura plus de travailleurs pauvres si nous décidons d'augmenter les salaires à un niveau minimal fixé au-dessus du seuil de pauvreté. C'est vrai que chez nous, en Suisse, selon une enquête publiée l'année dernière, environ 250 000 personnes en âge de gagner leur vie connaissent une relative pauvreté alors même qu'elles travaillent. Toujours selon cette enquête, environ 200 000 sont des salariés occupés à plein temps et pourtant, leurs revenus ne permettent pas de dépasser le seuil de pauvreté.
Mais il faut savoir que si nous fixons les revenus, nous les politiques, il y aura des effets secondaires indésirables. Si le salaire minimal est fixé trop haut par rapport à la productivité, les travailleurs peu qualifiés des entreprises à faible valeur ajoutée courent un risque de perte d'emploi. Comme le groupe que je représente, je pense que cela arriverait si l'Etat intervenait dans la formation des salaires. La situation financière de ces travailleurs s'aggraverait encore s'ils étaient aiguillés vers le chômage.
[PAGE 115] Il est certain que la fixation de salaires minimaux élevés comporte autant de risques pour les travailleurs jeunes que pour les travailleurs âgés. Si les personnes n'ont pas la chance d'obtenir un revenu suffisant, une aide minimum doit être accordée pour assurer une existence décente. Mais cette aide doit être indépendante de l'activité lucrative. D'ailleurs, les expériences faites dans notre pays comme à l'étranger amènent à envisager des solutions plus judicieuses de soutien direct aux ménages pauvres. On garantirait aux travailleurs pauvres un soutien ciblé et on éviterait les effets indésirables d'une intervention dans la fixation des salaires. De plus, le groupe radical-démocratique pense que les conditions de travail et les salaires font partie d'une négociation entre partenaires sociaux et contractuels. Ainsi, les besoins spécifiques des différentes branches sont pris en considération.
Au nom du groupe radical-démocratique, je vous invite à suivre la majorité de la commission, qui propose de transmettre la pétition au Conseil fédéral pour qu'il en prenne acte sans y donner suite, et à rejeter le postulat 01.3639.