Reynard Mathias · Nationalrat · 2016-02-29
Reynard Mathias · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2016-02-29
Wortprotokoll
Je reprends ici la motion de ma collègue Josiane Aubert, déposée en mars 2014 et intitulée "Droit de l'apprenti à accéder à la maturité professionnelle par la maturité intégrée". L'auteure de la motion charge le Conseil fédéral d'entreprendre les modifications légales nécessaires pour permettre à tout apprenti de choisir librement de suivre les cours de la maturité professionnelle intégrée (MP1) au cours de son apprentissage dual.
Cela mérite quelques explications. Nous sommes sans doute tous fiers ici de notre système de formation. Ce ne sont pas uniquement nos hautes écoles qui connaissent une renommée internationale, c'est aussi notre système de formation professionnelle, ainsi que la perméabilité de tout notre système de formation. Justement, la maturité professionnelle a permis d'augmenter l'attractivité de la formation professionnelle et d'améliorer la perméabilité, en devenant en quelque sorte la voie royale pour intégrer une haute école spécialisée. Toutefois, en y regardant de plus près, on constate ces dernières années une forte diminution du nombre de maturités professionnelles intégrées par rapport au nombre de maturités de type MP2, soit celles acquises par une année supplémentaire de cours après l'obtention du certificat fédéral de capacité (CFC). Cette tendance, qui peut objectivement nous inquiéter, est notamment due aux changements apportés par la nouvelle loi fédérale sur la formation professionnelle. Avant celle-ci, le jeune avait en effet [PAGE 21] le droit de choisir librement la façon dont il réalisait sa maturité professionnelle, en MP1, intégrée, ou en MP2, après son CFC. A présent, il doit obtenir l'autorisation de son maître d'apprentissage s'il souhaite réaliser une maturité intégrée.
Très concrètement, ce changement de pratique a pour effet d'augmenter la part des jeunes renonçant à une maturité professionnelle intégrée, car ils n'obtiennent pas l'accord de leur responsable de formation. S'ils choisissent malgré tout d'effectuer ensuite une formation MP2 après leur CFC, par une année de cours supplémentaires, vous imaginez bien que les coûts sont plus importants pour les jeunes et pour leurs familles.
Le Conseil fédéral répète régulièrement vouloir attirer les jeunes gens talentueux dans les programmes de formation professionnelle. Je partage cet objectif à 100 pour cent. La maturité professionnelle est sans aucun doute un des instruments adéquats pour cela. Mais il faut, dans ce cas, ouvrir les portes de la maturité professionnelle intégrée dès le début de la formation; cela représente en effet une alternative intéressante, crédible, à la maturité gymnasiale.
Vu le besoin actuel de personnel qualifié, la Confédération doit prendre cette tendance au sérieux et ne pas se contenter de belles déclarations. Il faut mettre en place des mesures qui permettront à un maximum de jeunes, indépendamment du secteur professionnel dans lequel ils s'engagent ou de leur canton de résidence, d'obtenir une maturité professionnelle dans les meilleurs délais et à moindres frais, donc sous la forme de la maturité professionnelle intégrée.
Je vous remercie d'accepter cette motion.