Berberat Didier · Ständerat · 2016-03-02
Berberat Didier · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2016-03-02
Wortprotokoll
J'ai pris acte du fait que Monsieur Föhn a déposé la proposition d'accepter les motions. C'est son droit le plus strict, même si, lorsqu'une commission propose, par 10 voix sans opposition et 1 abstention, de rejeter ces objets, on peut se demander s'il est encore utile d'intervenir à ce sujet. Mais c'est son droit, même si cela ne s'inscrit pas tout à fait dans les traditions du Conseil des Etats.
Une fois de plus, les deux motions que je vous demande de rejeter émanent d'un parti qui aime bien présenter des solutions simplistes pour résoudre des questions compliquées. Je vous demande de rejeter ces motions populistes, parce que, cela a déjà été expliqué par Madame Savary, certes cette suppression de la charge statistique permettrait aux entreprises d'économiser environ 7 millions de francs en charges administratives, par contre cela priverait un certain nombre d'entreprises de nombreuses informations. En effet, 44 pour cent des emplois et 98 pour cent des entreprises de Suisse ne seraient par exemple plus recensées si on acceptait cette proposition.
Il est vrai qu'il faut se poser régulièrement la question de la justification des statistiques, et le Département fédéral de l'intérieur comme l'Office fédéral de la statistique le font d'ailleurs régulièrement. Malgré tout, supprimer ces statistiques reviendrait à piloter un avion sans altimètre, sans compas, sans boussole, sans instruments de vol. C'est extrêmement important, car les statistique permettent d'orienter la politique fédérale, cantonale et communale dans un certain nombre de domaines: infrastructures, transports, questions sociales, économie, etc. Et le fait de ne plus en disposer serait extrêmement dommageable - d'ailleurs, j'ignore si Monsieur Föhn serait prêt à piloter un avion sans altimètre, sans [PAGE 51] boussole, sans compas. On prend vraiment des risques importants dans ce domaine, c'est la raison pour laquelle je vous demande encore une fois de rejeter ces deux motions, ce que la commission propose, je le répète, à l'unanimité moins une abstention.
Au surplus, j'interviens aussi en tant que Neuchâtelois, pour rappeler que l'Office fédéral de la statistique est un exemple réussi de décentralisation de l'administration fédérale. Quelque 750 emplois dans le canton de Neuchâtel dépendent de cet office fédéral. Les Neuchâtelois sont heureux de l'accueillir et nous avons d'excellents contacts avec cet office au niveau cantonal; l'Université de Neuchâtel collabore notamment de manière très fructueuse avec l'office en question, et il serait très dommageable que l'on réduise son activité. Certes, je le répète, on doit toujours se poser la question de l'utilité de chaque statistique, mais ce ne serait pas un bon signal dans le cas d'espèce.
La solution proposée est une solution du XIXe siècle, voire du XVIIIe siècle et non une solution du XXIe siècle. Donc, je vous demande encore une fois de rejeter ces deux motions, à l'instar de l'Union des villes suisses et d'un certain nombre d'organisations, qui demandent aussi que ces motions soient rejetées. Elles sont, en effet, dangereuses.