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Page Pierre-André · Nationalrat · 2016-03-09

Page Pierre-André · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2016-03-09

Wortprotokoll

Je déclare mes liens d'intérêts: je suis paysan, producteur de lait, qui est transformé en gruyère et en vacherin fribourgeois, et également exploitant de grandes cultures de céréales, de colza et de betterave sucrière.

La sécurité de notre pays est l'affaire de notre armée et de nos polices. La sécurité de notre approvisionnement énergétique est gérée par nos sociétés publiques et privées. La sécurité de notre réseau ferroviaire est l'affaire des CFF. La sécurité des réseaux informatiques est assurée par des spécialistes en cyberdéfense, qu'ils travaillent dans une organisation étatique ou privée. Mais la sécurité alimentaire est l'affaire de tous. De chacune et de chacun d'entre nous. Parce qu'elle touche à une activité fondamentale et essentielle pour l'être humain, pour vivre, pour travailler: se nourrir.

Voilà pourquoi l'initiative concernant la sécurité alimentaire ne peut pas, et ne doit pas nous laisser indifférents. D'ailleurs, la rapidité avec laquelle les 147 812 signatures ont été recueillies, puis déposées le 8 juillet 2014, témoigne bien du fait que cette initiative concerne aussi bien le producteur, le paysan, que le consommateur, la population, c'est-à-dire vous et moi.

Accepter l'initiative pour la sécurité alimentaire, c'est offrir de l'espoir aux familles paysannes, aux producteurs, un espoir pour l'avenir de leur profession. Accepter l'initiative pour la sécurité alimentaire, c'est aussi renforcer ce lien de confiance indispensable entre les consommateurs et les paysans. Cette initiative n'a rien d'une manoeuvre protectionniste. Au contraire, elle veut maintenir, pour demain aussi, l'approvisionnement de la population résidante en denrées alimentaires indigènes; des denrées de qualité, dont la traçabilité permet aux consommateurs d'avoir confiance dans leurs producteurs.

Je voudrais dire à Madame Semadeni - qui n'a pas l'air d'être dans la salle - que l'initiative ne s'oppose pas à la protection de l'environnement. Au contraire, elle vise à lutter contre la perte des terres cultivées. Renforcer la protection des surfaces agricoles productives, préserver les ressources naturelles et énergétiques, voilà des mesures qui protègent notre environnement.

Nos agriculteurs ne sont tout de même pas si stupides pour scier la branche sur laquelle ils sont assis - inconfortablement, c'est vrai. Jamais un paysan suisse ne sabordera son propre environnement! Je vois rouge lorsque j'entends pareilles déclarations vertes!

L'initiative n'est pas un retour en arrière. Au contraire, elle prévoit résolument de penser et d'agir pour demain, en connaissance des défis à relever. La protection alimentaire doit continuer à exister en Suisse.

Dans le monde, la demande en denrées alimentaires augmente; l'offre est limitée, voire déjà insuffisante. Contrairement à ce que prétend Monsieur Jans, le taux d'approvisionnement net est en diminution. Et de manière encore plus concrète, au niveau de notre pays, il est honnête de reconnaître que la Politique agricole 2014-2017 de la Confédération n'est pas satisfaisante; elle ne correspond pas à la réalité quotidienne de nos agriculteurs et de leurs familles.

Déjà lourdement habitués à faire des sacrifices, les paysans ont ainsi fait le premier pas en lançant cette initiative. A nous, parlementaires, de faire aujourd'hui le pas suivant, en soutenant la sécurité alimentaire, la vôtre, la nôtre. L'initiative répond maintenant et de façon pratique aux attentes de notre population.

Enfin, je souhaite adresser un message à celles et ceux qui nous demandent de ne rien modifier dans la Constitution, nous promettant de consolider les paiements directs, qui sont - c'est vrai - menacés par les mesures d'économies de la Confédération. Je ne me nourris pas de vaines promesses. Je préfère avoir, dans mon assiette, un produit de qualité, un produit de chez moi. C'est l'objectif de l'initiative "pour la sécurité alimentaire", que vous ne manquerez pas, avec moi, de recommander au peuple et aux cantons de soutenir. Il en va aussi de votre sécurité.

Je vous demande donc de soutenir la proposition de la minorité Müller Leo à l'article 2.