Nidegger Yves · Nationalrat · 2016-05-30
Nidegger Yves · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2016-05-30
Wortprotokoll
Cette position est le reflet de ce que j'exprimais tout à l'heure, à savoir que l'ouverture de l'adoption aux partenaires enregistrés qui auraient des enfants est quelque chose d'assez factice. Pour qu'il y ait des enfants, il faut que quelqu'un ait eu un comportement hétérosexuel, puis ensuite qu'un des parents, pour que l'enfant soit adoptable, soit décédé, ou ait disparu. Ces conditions cumulatives sont extrêmement difficiles à réunir. Si on y ajoute encore la durée du partenariat, il est totalement faux d'affirmer aujourd'hui qu'un nombre important d'enfants dans ce pays feraient l'objet de discriminations parce qu'ils ne pourraient pas être adoptés - pour autant qu'ils en aient envie - par la personne qui vit avec celui de leurs parents qui serait survivant.
On parle d'enfants qui n'existent pas et on ouvre la porte pour demain à des enfants que l'on fabriquera parce que, comme je vous l'ai indiqué en début de débat, nous passerons très certainement après cette loi à une révision générale de la loi sur la procréation médicalement assistée, afin de fabriquer ces enfants qui n'existent pas, afin de donner à ces adultes qui cherchent un confort idéologique et une justification sociale les attributs de la félicité conjugale à laquelle ils aspirent. Cela n'a rien à voir avec le bien d'enfants qu'il faudrait protéger; cela a tout à voir avec le confort des adultes et avec une lutte idéologique.
Je vous demande en conséquence de suivre ma proposition de minorité sur ce point et également de suivre la minorité Guhl, qui exposerait, en cas d'adoption par des couples de fait ayant duré trois ans, des enfants à devenir les enfants d'un partenaire non marié, avec tous les risques, en cas de rupture, d'être dépourvus de protection légale. Ce n'est pas ainsi que l'on protégera les enfants et ce n'est pas ainsi que l'on remplirait le but qui est celui de l'adoption, à savoir offrir une meilleure protection - et pas une moins bonne - aux enfants qui en ont besoin.
Je vous remercie de suivre ces deux minorité.