Chevalley Isabelle · Nationalrat · 2016-06-02
Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2016-06-02
Wortprotokoll
On voit souvent l'aide au développement comme une sorte d'aumône que cette riche Suisse, par son bon coeur, se doit de donner aux pays pauvres. Mais l'aide au développement, ce n'est pas cela. Si on ne s'occupe pas des pays pauvres et en transition, ce sont eux qui vont s'occuper de nous, tôt ou tard! Dans le monde arabe, 75 millions de jeunes sont sans travail et c'est dans cette couche de la population que les djihadistes vont recruter. Le Nigeria, c'est 181 millions d'habitants, avec une moyenne d'âge de 18 ans. Et si cette jeunesse ne trouve pas de travail, que va-t-elle faire, à votre avis? On ne cessera de le dire et de le redire, cela nous coûte moins cher d'aider ces populations sur place que de toutes les accueillir ici. Dans ce sens, je ne comprends pas bien l'attitude de l'UDC, qui ne cesse de vouloir couper dans ces crédits. Chers amis, avez-vous peur que votre thème électoral préféré se tarisse? Maintenir le problème vous permet de maintenir votre électorat, c'est cela? Si vous vouliez vraiment régler les problèmes de migration, alors vous devriez être dans ceux qui demandent des augmentations de crédits et pas l'inverse!
Les deux tiers de l'argent de l'aide suisse sont investis dans des pays dont proviennent les migrants et trois quarts des migrants se réfugient dans des pays proches de leur pays d'origine. Alors pourquoi nier l'évidence et ne pas aider ces pays? Maintenir ces populations dans la pauvreté ou dans des guerres, c'est générer une migration forcée dont on connaît aujourd'hui les conséquences, pour nous et ces pauvres gens. La Suisse a une très bonne réputation, sur la scène internationale, pour amener les différentes parties en conflit autour d'une table à dialoguer. Nous devons continuer sur cette ligne, car les guerres sont source de violence, de souffrances, de pauvreté, de migration forcée et même de pollution.
Oui, tout n'est pas parfait dans ces programmes de soutien, la Direction du développement et de la coopération et le Secrétariat d'Etat à l'économie sont les premiers à le reconnaître et à en tirer les enseignements. Ce n'est pas toujours la faute des choix stratégiques faits par ces offices. On apprend toujours de ses erreurs et cela permet une efficience toujours meilleure. Selon la formule consacrée, j'ai même envie de dire: "J'ai tellement appris de mes erreurs que j'envisage d'en faire encore quelques-unes." [PAGE 796]
L'action de la Suisse a permis d'aider près de 8 millions de personnes, dans le cadre de la coopération technique et de l'aide financière en faveur des pays en développement. Ceci a permis de contribuer, avec la coopération internationale, à diminuer la proportion de personnes vivant avec moins de 1,25 dollar par jour, soit de 43 pour cent en 1990 à 21 pour cent en 2015.
Monsieur Köppel, je voyage souvent dans les pays où la DDC est présente et, dès que les populations apprennent que je suis suisse, elles me font part de leur grande reconnaissance pour notre soutien. Oui, Monsieur Köppel, les gens nous disent merci, et c'est avec plaisir que je vous invite en Afrique pour vous rendre compte par vous-même des actions de terrain menées et de leur efficacité. Non, nous n'abandonnerons pas l'Afrique!
Le groupe vert'libéral est fier de l'action de la Suisse et entrera en matière. Nous ne soutiendrons pas les propositions de renvoi incompréhensibles, qui laisseraient le gouvernement dans une incertitude dangereuse à l'égard des nombreux programmes en cours.