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Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · 2016-06-09

Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2016-06-09

Wortprotokoll

La matière grise est la principale ressource de notre pays, une ressource dont le potentiel est certes inépuisable, mais qu'il faut néanmoins gérer, entretenir et cultiver de manière proactive, afin qu'elle réalise toutes ses promesses en matière d'innovation. Ceci ne peut se faire sans investir un minimum de moyens. C'est la conclusion à laquelle était parvenue notre conseil il y a un an, en soutenant la motion 15.3011 chargeant le Conseil fédéral de prévoir une croissance annuelle moyenne des soutiens à la formation, à la recherche et à l'innovation de 3,9 pour cent pour les années 2017 à 2020.

Ces moyens supplémentaires devaient permettre de mettre en place toute une série de réformes, indispensables au bon développement de la formation professionnelle et des hautes écoles. Lors de la dernière session d'hiver, le Conseil des Etats a adopté la motion, dans une version légèrement modifiée, sans objectif chiffré, en réaffirmant que les domaines de la formation, de la recherche et de l'innovation devaient être considérés comme prioritaires pour le Conseil fédéral et bénéficier des moyens nécessaires.

Aux yeux des Verts, les investissements pour la formation, la recherche et l'innovation sont d'autant plus importants aujourd'hui, en cette période où nous sommes confrontés à de nombreux défis exigeant un engagement fort en matière de savoir et de créativité à tous les niveaux de la société. Je pense en particulier non seulement à la transition énergétique, mais aussi à l'application des principes de l'économie circulaire à tous les secteurs d'activité, ainsi qu'aux enjeux majeurs liés à la numérisation de notre économie.

Par ailleurs, depuis le vote sur l'initiative contre l'immigration de masse, la nécessité de mieux mobiliser les forces de travail présentes à l'intérieur des frontières de notre pays ainsi que celle d'une vaste offensive de formation ont été évoquées dans les milieux politique et économique les plus divers. Tout le monde est également d'accord pour dire que le franc fort nous contraint à innover, si nous voulons rester compétitifs au niveau international. Il faut dès lors donner des suites concrètes à ces belles paroles.

Dans son message sur l'encouragement de la formation, de la recherche et de l'innovation pendant les années 2017-2020, le Conseil fédéral reconnaît l'importance de cet objet et réaffirme la haute priorité qu'il souhaite lui accorder. Cependant, les moyens ne suivent pas. Le message ne prévoit qu'une croissance annuelle de 2 pour cent, sans avoir en rien changé les objectifs et les points forts déterminés auparavant. De fait, le domaine de la formation, de la recherche et de l'innovation est lourdement affecté par le programme d'économies, auquel il contribue à raison de 18 pour cent, bien qu'il ne représente que 10 pour cent des dépenses. Comment peut-on encore parler d'un dossier prioritaire?

Les Verts considèrent qu'une augmentation de 3,9 pour cent des dépenses en faveur du domaine FRI, demandée au Conseil fédéral il y a seulement un an, constituait un engagement non seulement crédible, mais aussi raisonnable pour un domaine d'une telle importance pour notre pays. Il s'agit d'investir dans notre avenir, et de tels investissements ne doivent précisément pas être sacrifiés pour des raisons d'économie. Ils sont en effet, bien au contraire, garants de notre prospérité sur le long terme.

Les propositions de la majorité de la commission prévoient un taux de croissance de 3,2 pour cent, ce que l'on peut considérer comme un compromis dans un contexte d'austérité budgétaire. Ces propositions constituent un minimum auquel les Verts peuvent évidemment souscrire et qu'ils soutiendront effectivement lors du vote. Je le rappelle pourtant, de tels chiffres restent à nos yeux insuffisants pour développer une politique véritablement ambitieuse, vu les défis écologiques, économiques et de société auxquels nous faisons face aujourd'hui et qui exigeraient, au contraire, une mobilisation exceptionnelle de notre savoir et de nos capacités d'innovation.