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Comte Raphaël · Ständerat · 2016-06-13

Comte Raphaël · Ständerat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2016-06-13

Wortprotokoll

L'ancien conseiller fédéral Pierre Aubert est mort mercredi dernier à l'âge de 89 ans. En 1987, dix ans après son élection par l'Assemblée fédérale, il déclarait dans son discours d'adieu: "Avant même le début de mon mandat, au Département fédéral des affaires étrangères, j'avais la conviction profonde que la Suisse devait s'ouvrir davantage au monde et éviter le repli sur soi." (BO 1987 N 1912) Cette phrase résume l'engagement d'un homme qui, pendant dix ans à la tête du Département des affaires étrangères, a oeuvré en faveur des droits de l'homme, du désarmement et de la coopération au développement.

Né le 3 mars 1927 à La Chaux-de-Fonds, Pierre Aubert descendait d'une famille huguenote française réfugiée en Suisse après la révocation de l'édit de Nantes. Il a fait ses classes à La Chaux-de-Fonds, avant d'étudier le droit aux Universités de Neuchâtel et de Heidelberg et d'exercer en tant qu'avocat dans les Montagnes neuchâteloises.

Il entre au Parti socialiste en 1958 et est élu, en 1960, au législatif de La Chaux-de-Fonds où il siègera huit ans. Il préside en 1969 le Grand Conseil neuchâtelois dont il sera membre de 1961 à 1975. Son activité politique lui a gagné la confiance de ses concitoyens; ces derniers le choisissent en 1971 pour les représenter au Conseil des Etats et font ainsi de Pierre Aubert le premier socialiste neuchâtelois à siéger à la Chambre des cantons.

Six ans plus tard, il accède à la fonction de conseiller fédéral avec un vote qui restera dans les annales, puisqu'il obtient 190 voix au premier tour de scrutin - un record jamais égalé.

Placé à la tête du Département fédéral des affaires étrangères, Pierre Aubert restera aussi dans l'histoire de notre pays pour avoir inauguré l'ère des voyages hors d'Europe. Deux ans après son élection au Conseil fédéral, il avait déjà visité les principaux pays d'Afrique francophone. Cet engagement eut un prix: on lui reprocha parfois des prises de position incompatibles avec la neutralité du pays, ce qui lui valut quelques contestations et inimitiés. En 1986, il subit un revers populaire: 75 pour cent du corps électoral refuse l'adhésion de la Suisse à l'Organisation des Nations Unies, alors qu'il s'était battu pour cette cause. C'est finalement le 3 mars 2002, jour de l'anniversaire de Pierre Aubert, que la Suisse accepte de devenir membre de l'ONU. En fait, Pierre Aubert était simplement en avance sur son temps.

Pierre Aubert disait que ses racines à La Chaux-de-Fonds, où souffle un vent de liberté, ses convictions et ses attaches politiques l'ont toujours poussé à s'intéresser au sort des plus déshérités. Si ses idées n'ont pas plu à tous, ses voyages et ses contacts à l'étranger ont permis d'étendre les relations économiques et commerciales de la Suisse. Il a aussi renforcé la coopération au développement et l'aide humanitaire de notre pays, qui sont passé en dix ans de 0,2 à 0,3 pour cent du produit national brut.

Pierre Aubert pensait qu'il ne pouvait y avoir ni paix ni relations internationales fructueuses sans respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le chef de la diplomatie suisse a marqué ses interlocutrices et interlocuteurs par sa gentillesse et sa prévenance en toutes circonstances.

Grand sportif,il était aussi un ami des arts et des lettres. Marié et père de deux enfants, il a vécu dans le pittoresque village vigneron d'Auvernier, mais il avait conservé une petite maison dans sa ville natale où il a continué de voter jusqu'à la fin de sa vie.

Mesdames et Messieurs qui êtes présents dans la salle ainsi qu'aux tribunes, je vous invite à vous lever et à observer une minute de silence en l'honneur de Pierre Aubert.

[VS]

Der Rat erhebt sich zu Ehren des Verstorbenen

L'assistance se lève pour honorer la mémoire du défunt