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Fehlmann Rielle Laurence · Nationalrat · 2016-06-13

Fehlmann Rielle Laurence · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2016-06-13

Wortprotokoll

Certains ont affirmé, comme Madame Amaudruz, que les débats sur le programme de la législature étaient un exercice inutile et chronophage et que dorénavant l'on pourrait s'en passer. Au contraire, pour le groupe socialiste, il est important d'affirmer des options stratégiques à plus long terme et, en ce sens, le Conseil fédéral a eu raison de soumettre au Parlement son programme de législature afin de mener un débat démocratique à ce sujet.

Néanmoins, nous avons exprimé notre déception à propos du manque de profondeur de ce programme, qui s'est limité à l'énumération d'un grand nombre de messages du Conseil fédéral, dont certains contiennent des orientations que l'on peut certes soutenir, messages qui sont insuffisants et qui révèlent une vision à court terme. C'est la raison pour laquelle le groupe socialiste avait demandé le renvoi du projet au Conseil fédéral. Cette position s'est renforcée suite aux travaux de la commission qui ont abouti au démantèlement du projet du Conseil fédéral. La majorité de la commission avait notamment proposé d'élaborer "un plan global de réexamen des tâches", à l'article 2 mesure 4bis, ce qui aurait eu pour conséquence de faire baisser drastiquement les dépenses de la Confédération. La conséquence d'une telle décision aurait été de faire des économies dans l'assurance-vieillesse et survivants, de réduire encore les dépenses dans la formation et la recherche scientifique - ce qui est déjà malheureusement le cas, on l'a vu la semaine dernière -, et de diminuer les investissements dans les transports publics, pour ne citer que ces aspects. Heureusement, ce point a été abandonné lors de la Conférence de conciliation.

D'une manière générale, le projet qui ressort de la Conférence de conciliation est un peu plus positif que celui qui émanait de notre conseil. Il n'en reste pas moins que l'on ne peut se satisfaire de ce programme qui manque totalement d'ambition. Le groupe socialiste pense que la Suisse doit faire face à de grands défis et a posé un certain nombre de questions, à savoir:

- Avec quelle politique budgétaire et fiscale pourra-t-on garantir à long terme la prospérité pour toutes les habitantes et tous les habitants du pays au lieu d'aggraver les inégalités par des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises et aux personnes les plus aisées?

- Quelles mesures allons-nous prendre afin de maintenir les postes de travail menacés par la désindustrialisation et la révolution numérique et de créer des emplois durables?

- Comment comptons-nous lutter contre les effets du changement climatique et cesser la destruction des ressources naturelles?

- Comment allons-nous modifier les modes de production et de consommation afin de préserver les ressources à long terme?

- Quelles impulsions allons-nous donner pour que tous les habitants et toutes les habitantes du pays aient les mêmes chances et puissent participer à la vie sociale?

- Quelles mesures allons-nous prendre pour que la Suisse contribue de manière substantielle à la résolution des crises, tant sur le plan européen que mondial, et à la promotion de la paix et des droits humains?

Voilà quelques-uns des points que nous avons soulevés lors des débats en commission et pour lesquels le groupe socialiste a déposé un grand nombre de propositions qui, malheureusement, n'ont pour la plupart pas reçu le soutien du Conseil fédéral tandis que la commission les a sèchement rejetées.

La proposition de la minorité Hess Erich vise à combattre les mesures que le Conseil fédéral entend prendre pour lutter contre la discrimination salariale. Une modification de la loi sur l'égalité devrait imposer aux employeurs d'effectuer à intervalles réguliers une analyse des salaires dans l'entreprise et de soumettre cette analyse à un contrôle externe. On a entendu des aberrations dans les rangs de l'UDC, à savoir que l'égalité des salaires entre femmes et hommes était déjà réalisée, qu'il n'y avait plus de problème, alors que les statistiques démontrent clairement qu'il y a encore plus de 20 pour cent d'écart entre les salaires selon les secteurs. Nous vous demandons de ne pas suivre cette minorité et de lui réserver le sort qu'elle mérite, à savoir un classement vertical.

La Suisse a les ressources nécessaires pour répondre aux nombreux défis que j'ai cités, encore faut-il une volonté politique affirmée et allant dans le bon sens. Or, on en est loin, et la logique qui consiste à faire des cadeaux aux plus privilégiés pendant que la majorité doit se serrer la ceinture est inacceptable et menace la cohésion sociale qui a fait la force de notre pays.

Le groupe socialiste se dressera sur le chemin de ceux qui veulent démanteler les acquis sociaux et continuera d'être une force de proposition afin de promouvoir l'égalité des chances dans tous les domaines.

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