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Savary Géraldine · Ständerat · 2016-09-27

Savary Géraldine · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2016-09-27

Wortprotokoll

Nous restons dans le domaine agricole et, surtout, dans un domaine où l'on retrouve les préoccupations que j'ai précédemment exprimées en ce qui concerne le Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement, à savoir la manière avec laquelle nous défendons, en Suisse, la qualité de nos produits et la plus-value qui leur est liée.

Aujourd'hui, vous le savez, les producteurs et l'agriculture suisses traversent une crise difficile due notamment à la force du franc et à la concurrence internationale. Nous avons donc besoin, plus que jamais, d'un centre de recherche en économie agricole et agroalimentaire qui accompagne les producteurs, les paysans afin de les aider à améliorer leurs produits et la qualité de ceux-ci afin de faire en sorte qu'ils puissent se positionner sur un marché très concurrentiel.

Or, comme l'explique le Conseil fédéral dans sa réponse, des mesures d'économies ont menacé et menacent encore aujourd'hui ce centre de recherche. Elles menacent en particulier des chercheurs qui, actuellement, travaillent sur l'innovation en faveur de l'agriculture. Pourtant, c'est véritablement sur ce secteur de pointe que nous devons absolument concentrer nos efforts. Ce que dit le Conseil fédéral, c'est qu'il souhaiterait qu'Agroscope vise plutôt des recherches orientées sur le plan international alors que, à mes yeux - et cette interpellation vise à le rappeler -, ce qui paraît le plus important, c'est d'accompagner les producteurs et l'agriculture suisses afin d'améliorer leur production là où la Suisse est la plus forte.

Quels sont, par exemple, les secteurs dans lesquels nous sommes les plus forts? Il s'agit du domaine de la production végétale, de celui de la production fourragère, par le développement d'une production durable moins dépendante en concentrés externes par exemple, de celui de la sécurité alimentaire ou encore de ce qui relève du test, de la recherche et du développement de méthodes de contrôle plus efficaces.

Je citerai en exemple, bien qu'il n'y ait plus de Bernois dans la salle en ce moment, la production du fromage Tête de Moine AOP, pour laquelle un système a été trouvé, justement en collaboration avec Agroscope, pour permettre de détecter les cas de fraude à l'appellation. Ce type de démarche, ce type de développement, sont absolument indispensables pour notre production indigène. Il est évident qu'Agroscope, à mes yeux, doit servir en premier lieu à développer ces compétences très particulières pour les produits helvétiques. [PAGE 806]

Au moment du dépôt de mon interpellation, de fortes inquiétudes s'étaient manifestées dans l'agriculture, chez les chercheurs et les paysans. On craignait de voir Agroscope se tourner essentiellement vers la recherche dans des activités à forte orientation internationale, alors que ce qui nous paraît le plus important, c'est, au contraire, d'avoir un centre de recherche qui soit au service des producteurs helvétiques, destiné à améliorer leurs performances et la qualité des produits, en vue justement de conquérir des marchés à l'étranger.

Voilà le but de mon interpellation. Le Conseil fédéral y a répondu en essayant de tranquilliser un certain nombre de chercheurs. Mais j'aimerais que le Conseil fédéral puisse véritablement montrer aujourd'hui qu'il soutient la recherche orientée vers la production agricole suisse, qui fait notre force.