Burkhalter Didier · Bundesrat · 2016-12-05
Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2016-12-05
Wortprotokoll
La Suisse soutient les personnes qui ont besoin d'aide à Alep par le biais de ses partenaires humanitaires sur place. Ce sont non seulement de grandes organisations internationales, comme le CICR, Unicef, UN-Habitat, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés ou le Programme alimentaire mondial, mais aussi des ONG internationales comme People in Need, Save the Children, Handicap International ou le Norwegian Refugee Council. Ces organisations s'engagent dans le gouvernorat d'Alep et d'Idleb avec des projets dans les secteurs de l'eau, de la santé ou de la protection des civils. Nous avons en outre soutenu cette année le Croissant-Rouge arabe syrien par une donation de douze ambulances. Sept des véhicules sont actuellement opérationnels à Alep. C'est sur l'un de ces véhicules que l'on a tiré récemment, mais depuis lors il a été réparé et il est à nouveau en fonction.
A Mossoul, depuis ce printemps déjà, l'ONU travaille sur la base d'un plan de contingence humanitaire en vue d'une offensive militaire. Bien qu'elle n'ait pas de présence permanente en Irak, la Suisse a suivi ces préparatifs grâce à des visites en Irak une fois par mois. Par ailleurs, le bureau de coopération à Amman, en Jordanie, est en contact régulier avec ses partenaires humanitaires et se rend maintenant deux fois par mois à Erbil pour suivre les projets soutenus par la Direction du développement et de la coopération. La Suisse a pris les devants et a renforcé son soutien avant le début de l'offensive sur Mossoul, en décidant en septembre dernier de soutenir les ONG Action contre la faim et Danish Refugee Council dans leurs préparatifs pour accueillir les déplacés. La Suisse a acheminé en octobre dernier du matériel destiné à désinfecter et à distribuer de l'eau potable pour 10 000 personnes. Un million de francs suisses supplémentaires ont été octroyés au CICR pour ses opérations dans la région.
La Suisse redouble donc d'efforts pour aider sur place les populations touchées. En 2017, il est prévu d'affecter un montant de 66 millions de francs - pris sur le budget de la coopération internationale - à l'aide humanitaire ainsi qu'aux activités visant à renforcer l'indépendance économique des victimes de ce conflit. Donc, nous allons au-delà de l'aide humanitaire d'urgence; nous favorisons également la capacité de résilience avec des projets qui touchent les emplois, l'eau, la formation. Actuellement, nous examinons aussi la possibilité d'ouvrir à Damas une antenne humanitaire, d'abord, pour garantir une utilisation optimale de notre aide, ensuite, pour soutenir le travail des organisations humanitaires, enfin, pour faciliter les efforts visant à atteindre le plus grand nombre possible de personnes dans le besoin - ce qui était d'ailleurs un des éléments de votre question, Monsieur Béglé. Dans les villes assiégées, en particulier, l'accès laissé aux acteurs humanitaires est insuffisant.
Permettez-moi d'être clair: la solution politique en Syrie est complètement bloquée. Par conséquent, le rôle actuel de la Suisse consiste à renforcer encore plus l'aide humanitaire. Devant la faillite morale et l'échec de la recherche d'une solution politique au conflit en Syrie, nous devons non seulement poursuivre les efforts humanitaires, mais aussi les intensifier. C'est pour cela que nous avons prévu de concentrer davantage de moyens et d'essayer d'ouvrir une antenne humanitaire à Damas. [PAGE 1970]