Burkhalter Didier · Bundesrat · 2016-12-15
Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2016-12-15
Wortprotokoll
Ce dossier, comme l'Antarctique même d'ailleurs, est vraiment blanc comme de la neige fraîche. Il a été accepté, à l'unanimité, un peu partout. J'espère qu'il le sera aussi ici.
Ce que je voudrais surtout dire sur l'Antarctique, c'est que ce territoire n'a jamais été colonisé, il est totalement préservé. C'est évidemment passionnant de pouvoir travailler, dans le domaine de la recherche notamment, dans cet environnement totalement préservé. L'enjeu, c'est de continuer à le préserver, à le maintenir aussi passionnant et à le maintenir passionnant seulement pour cela.
Le traité sur l'Antarctique est, en effet, relativement vieux, puisqu'il aura bientôt 60 ans. Le protocole relatif au traité n'est pas aussi vieux - il date du début des années 1990 - et il vise précisément à protéger l'environnement. C'est sur ce protocole que vous devez vous prononcer.
Le protocole est en fait considérable: ce texte fixe le cadre le plus large et le plus efficace jamais élaboré pour un tel accord international en faveur de la protection de l'environnement, ni plus, ni moins. C'est vraiment ce qu'il y a de mieux en la matière. Le but est particulièrement noble: l'Antarctique est considéré comme une réserve naturelle consacrée à la paix et à la science. L'extraction de matières premières y est interdite. Le protocole prévoit un moratoire pour l'extraction de matières premières en tout cas jusqu'en 2048.
Concrètement, le protocole fixe des règles pour les activités dans la zone qui se trouve au sud du 60e parallèle. Ces activités doivent donc faire l'objet de procédures d'autorisation. L'intérêt pour la Suisse et les acteurs suisses est multiple et évident, en particulier pour la communauté scientifique. Actuellement, la communauté scientifique suisse dépend de procédures d'autorisation de pays tiers. Elle a toutefois consolidé sa position en créant le "Swiss Polar Institute". Le but est maintenant de se rapprocher - comme l'a dit le rapporteur, Monsieur Berberat - du statut consultatif, qui permettra de soumettre les projets suisses à une procédure d'autorisation - suisse également -, ce qui était impossible jusqu'ici et qui sera possible au moment où on aura non [PAGE 1220] seulement signé le protocole, mais aussi procédé à des activités de recherche substantielles.
Pour l'économie suisse, c'est aussi un dossier intéressant, qui peut être gagnant-gagnant puisque, en effet, si la recherche dans ces conditions extrêmes développe et perfectionne des outils de précision, cela ouvre de nouveaux marchés. Et si la Suisse est partie prenante dans ces nouveaux marchés, c'est positif.