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Burkhalter Didier · Bundesrat · 2016-12-15

Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2016-12-15

Wortprotokoll

Je suis très satisfait des questions posées. Je constate d'ailleurs que, si on veut avoir une discussion, il faut que vous répondiez que vous êtes "teilweise befriedigt", ce qui est un peu particulier, car nous pourrions tout aussi bien avoir une discussion si vous étiez "befriedigt".

Pour en revenir au sujet principal, oui c'est une priorité. C'est une priorité depuis un certain temps: la formation professionnelle suisse est très souhaitée, demandée, appréciée à l'étranger. C'est un must, en tout cas pour beaucoup. Dans de nombreux pays, on aimerait avoir une formation de ce type.

Ces dernières années, dans la période de coopération internationale 2013 à 2016, nous avons investi beaucoup. Durant cette période, la Suisse a aidé environ 300 000 personnes - beaucoup de femmes, beaucoup de jeunes filles - à suivre une formation et à avoir une perspective dans la vie, cela dans une bonne vingtaine de pays.

Vous avez décidé de renforcer cette politique. C'est un des plus gros efforts qui a été décidé en faveur de la coopération internationale pour la période qui commence l'année prochaine et qui nous amènera jusqu'en 2020. Il a été dit qu'il fallait faire 50 pour cent de plus. Nous allons par conséquent passer à plus de 600 millions de francs durant la prochaine période de coopération. Dans le cadre de la coopération internationale, cette somme sera consacrée à ce genre de soutien. Donc c'est beaucoup et c'est important. Cela dépend encore évidemment des crédits de paiement, mais l'intention exprimée dans le message sur la coopération internationale est très claire.

Monsieur Hêche, vous nous demandez dans vos questions complémentaires si nous pouvons faire preuve d'un peu plus de souplesse. De nous-mêmes, nous sommes assez enclins à vouloir faire preuve de souplesse, mais nous devons rester cohérents. Il y a une volonté politique du Parlement, clairement, de concentrer l'aide sur les pays et les régions prioritaires. "Attention à ne pas 'sich verzetteln'", cela a été l'un des termes le plus utilisé. Alors, il faut être très franc et clair: en principe, nous sommes prêts à augmenter l'effort, mais en principe l'effort de la Direction du développement et de la coopération dans le cadre des crédits qui la concernent doit se concentrer sur les pays et les régions prioritaires. Nous avons définis ceux-ci de façon relativement larges, ce qui est d'ailleurs systématiquement critiqué dans les "peer reviews" qui sont faites de notre aide au développement.

C'est toujours ce que dit le gouvernement suisse. La politique de la Suisse en matière de coopération est assez universelle et, même dans ce domaine, la Suisse ne souhaite pas la concentrer uniquement sur quelques régions, mais voudrait [PAGE 1232] au contraire qu'elle soit menée de façon assez large. Il y a une volonté de ne pas aller au-delà de ce qui a été fixé par le Parlement et de ce qui a été montré dans des études et des rapports complémentaires, dans le cadre de la Commission de gestion ou dans votre conseil. Donc, en principe, nous sommes favorables à une certaine souplesse, mais à une souplesse pour la Direction du développement et de la coopération, dans le cadre de cette zone géographique.

En revanche, il y a d'autres partenaires: il y a le Secrétariat d'Etat à la formation, à la recherche et à l'innovation, le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), le Secrétariat d'Etat à l'économie, qui élargissent de fait les possibilités d'action, parce qu'ils mènent des actions complémentaires, qui ne sont pas tout à fait les mêmes, qui ne touchent d'ailleurs pas tout à fait les mêmes personnes, ni les mêmes pays. Ce n'est pas forcément toujours le cas, parfois cela se recoupe, en particulier s'agissant des actions du SEM.

Le projet, par exemple, d'une cellule de soutien à disposition des pays qui le souhaitent est de fait en train de se mettre en place, grâce à tout ce que fait le Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche en matière de promotion de la formation professionnelle à l'étranger en réponse à des demandes régulières de beaucoup de pays.

Par rapport à cela, j'aimerais simplement, non pas calmer l'enthousiasme, mais dire qu'il faut faire attention aux mirages. Beaucoup de pays imaginent qu'ils peuvent quasiment regarder ce que fait la Suisse et faire un copier-coller. Et il faut évidemment rappeler à chaque fois - et c'est connu - que l'environnement culturel est très important pour pouvoir développer la formation professionnelle "à la suisse", ce qui ne se transfère pas comme cela. C'est même très compliqué. Les projets qui fonctionnent le mieux sont ceux pour lesquels on peut utiliser en quelque sorte la tradition suisse, grâce aux entreprises suisses qui sont déjà sur place, en développant ensuite des projets pilotes qui peuvent être utiles pour les autorités de ces pays afin qu'ils développent eux-mêmes, par la suite, leurs propres programmes de formation professionnelle, le cas échéant avec notre appui.

C'est donc à nouveau une réponse "teilweise befriedigend" que je vous donne. Je ne peux pas m'engager comme cela à être souple avec l'ensemble du monde, dans la mesure où votre conseil lui-même, dans le cadre du débat récent sur la coopération internationale, a été très clair sur le fait qu'il faut savoir se concentrer sur la zone prioritaire, les pays et les régions prioritaires. Néanmoins, nous sommes prêts à étudier, avec nos collègues des autres départements et des autres offices, tout ce qu'il est possible de faire dans le cadre des moyens à notre disposition.

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