Nordmann Roger · Nationalrat · 2017-03-02
Nordmann Roger · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2017-03-02
Wortprotokoll
Le réchauffement climatique est un fait que nous pouvons tous observer. Par exemple, les amateurs de sports d'hivers - et ils sont nombreux dans cette salle - le constatent année après année: la situation s'empire. Si l'enjeu n'était que le sport d'hiver, il pourrait éventuellement être qualifié d'anecdotique, quoique pour la Suisse c'est un facteur culturel et économique d'importance. Mais le réchauffement climatique pose, chez nous comme ailleurs, des problèmes bien plus graves. Il suffit par exemple de penser à l'impact de l'augmentation du niveau des mers, de 80 centimètres d'ici à la fin du siècle, si nous ne faisons rien. Cela signifie que des pays entiers deviendront inhabitables et que des centaines de millions de personnes devront se mettre à la recherche d'une nouvelle patrie. Le réchauffement climatique, et la sécheresse qui va de pair dans certaines régions, mettront d'autres centaines de millions d'humains sur les chemins de l'exil, et ceci sans parler des dommages aux écosystèmes.
Nous ne pourrons pas complètement éviter le réchauffement climatique, mais il est encore possible de le limiter et de le ralentir, avec l'objectif de le contenir entre 1,5 et 2 degrés d'ici à la fin du siècle. Pour y parvenir, il est nécessaire que les Etats se mettent d'accord sur un cadre de coopération. Et c'est précisément l'objet de l'Accord de Paris, sur lequel nous nous prononcerons aujourd'hui. Avant la Suisse, 133 Etats - je le répète, 133 Etats - ont déjà ratifié cet accord. Nous serions ainsi le 134e Etat à le faire si nous le ratifiions aujourd'hui dans les deux conseils, ce qui ne sera évidemment pas le cas.
L'enjeu aujourd'hui pour la Suisse est de se joindre à la communauté des nations dans cet effort. Nous avons suffisamment regretté dans cette salle que les précédents régimes climatiques n'incluent pas les pays émergents. Cet accord corrige enfin cet aspect fondamental. Sa ratification est d'autant plus importante que la politique des Etats-Unis en la matière devient douteuse et que la Suisse doit pouvoir dès le début participer aux négociations de la Conférence des Parties.
A l'intention des représentants des minorités, qui souhaitent mener une bataille de chiffres sur l'ampleur de l'engagement de la Suisse, je dirai que ce n'est pas le moment de conduire cette discussion. Nous discuterons de la question au moment du débat sur la nouvelle législation sur le CO2. C'est là que nous ferons la pesée d'intérêts entre les objectifs internes au pays, ceux extérieurs au pays et les mesures qu'il est possible de prendre à l'intérieur du pays pour atteindre des objectifs internes.
C'est se tromper de débat que de vouloir trancher cette question quantitative maintenant. Une ratification conditionnelle dans un sens - 40 pour cent - ou dans l'autre - 60 pour cent - serait assez ridicule. L'accord est à prendre ou à laisser, et le texte de l'accord lui-même ne fixe pas d'engagement quantitatif: chaque pays détermine lui-même quels sont ses engagements; l'obligation, c'est d'indiquer un engagement national, mais qui reste de la compétence du pays. Prendre du retard dans la ratification, ce serait ridiculiser la Suisse et donner un mauvais signal au monde.
Je vous prie donc de suivre la majorité de la commission et le Conseil fédéral. [PAGE 148]