Sommaruga Carlo · Nationalrat · 2017-03-08
Sommaruga Carlo · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2017-03-08
Wortprotokoll
Le postulat que j'ai déposé vise à porter une attention sur ce qui se passe sur le plan intérieur en Iran après que nous nous sommes intéressés à la position de l'Iran sur la scène internationale. Je suis un des premiers parlementaires suisses à m'être rendu en Iran, avec l'ancien conseiller aux Etats Gutzwiller, au moment où les négociations sur la Syrie étaient en cours avec le quartet de médiateurs internationaux formé de l'Iran, de la Turquie, de l'Arabie saoudite et de l'Egypte et au moment où avaient lieu les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran sur la question nucléaire. Pourquoi suis-je allé en Iran avec Monsieur Gutzwiller lorsque nous étions tous deux présidents des Commissions de politique extérieure? Parce que nous avions l'objectif d'ouvrir des portes pour que l'Iran fasse son retour sur la scène politique internationale dans un cadre respectueux du droit international et de la sécurité internationale. C'est pour cela qu'il était nécessaire de trouver un accord sur le nucléaire. Aujourd'hui, il y a des contacts, des échanges économiques qui se développent avec l'Iran. Toutefois, il ne faut pas oublier ce qui se passe à l'intérieur du pays. L'Iran n'est pas monolithique. Il y a des ethnies différentes: des Baloutches, des Kurdes, d'autres minorités encore. Il est indispensable que ces minorités puissent bénéficier de droits liés à leur statut de minorité et que les membres de ces communautés puissent exprimer leurs positions politiques sans se retrouver en prison, voire torturés. Il apparaît donc important que la Suisse joue un rôle de promoteur du fédéralisme, d'un fédéralisme qui s'applique correctement, qui s'applique de manière intelligente à l'intégration institutionnelle des minorités et qu'elle fasse cette promotion largement en Iran.
Dès lors, la Suisse pourrait jouer un rôle clé dans la promotion du fédéralisme en Iran. C'est pourquoi elle devrait organiser une conférence sur ce thème et faire en sorte que des représentants de diverses minorités viennent en Suisse et discutent ensemble sur la possibilité de faire avancer cette idée. Il n'est pas nécessaire que ce soit le Conseil fédéral qui invite directement les participants; on peut tout à fait bien imaginer que cela passe par le canal d'institutions privées présentes en Suisse. Le but est de pouvoir parler discrètement et de voir comment l'on peut faire avancer cette idée afin que les différentes composantes de la société iranienne soient respectées.
Le hasard fait bien les choses, puisque, aujourd'hui, le groupe parlementaire pour les relations avec le peuple kurde a invité différents représentants des communautés iraniennes, dont une avocate titulaire du Prix Nobel de la paix, pour discuter de l'avenir de l'Iran. Vous avez la possibilité de les rencontrer aujourd'hui à 13 heures et de discuter directement avec ces représentants des difficultés que rencontrent les minorités pour pouvoir s'exprimer en Iran.
Comme démocrates, comme fédéralistes, nous avons donc l'obligation morale de défendre ces idées et de les promouvoir tout particulièrement là où elles peuvent être utiles pour réduire les tensions. Dès lors, je vous invite à soutenir mon postulat, un postulat qui va finalement dans le sens de la cohésion interne d'un pays, d'une coexistence harmonieuse des communautés. Ce postulat permet aussi de promouvoir [PAGE 264] les valeurs qui sont les nôtres dans un pays qui, aujourd'hui, connaît encore, et de manière importante, la peine de mort, laquelle touche beaucoup les minorités de ce pays. Si nous pouvons faire un travail qui soit un travail de préparation ou même de réflexion avec les différents peuples et les différents représentants des peuples, cela ne peut qu'être utile.
Je pense que le Conseil fédéral ne peut rejeter ce postulat qui s'inscrit parfaitement dans les valeurs et les stratégies qui ont été défendues tout à l'heure dans le cadre du rapport de politique extérieure, à savoir la protection des droits humains, la protection des minorités, le développement harmonieux et la coexistence pacifique des peuples.