Béglé Claude · Nationalrat · 2017-03-08
Béglé Claude · Nationalrat · Waadt · CVP-Fraktion · 2017-03-08
Wortprotokoll
Désolé, mais c'est de nouveau moi!
J'ai déposé, lors de la session d'automne 2016, un postulat invitant le Conseil fédéral à préciser comment il entendait mesurer la réalisation des objectifs stratégiques pour le développement durable de l'Agenda 2030.
Permettez-moi, pour mieux restituer le cadre de ce postulat, de revenir sur la démarche d'Agenda 2030, menée dans le cadre de l'ONU. Quasiment tous les pays ont adopté Agenda 2030, y compris les Etats-Unis, la Russie et la Chine. Ils se sont engagés à adapter leur évolution en termes de société, d'économie, de droits humains, dans le but de garantir un bon cadre de vie pour nous, pour nos enfants et les générations futures. Seuls 93 pays ont accepté en 2015 de faire converger leurs efforts pour atteindre ces 17 objectifs de développement durable.
Ces objectifs consistent à répondre à tous les grands défis de la planète - pauvreté, changement climatique, destruction de l'environnement, crise sanitaire, etc. Mais, pour y parvenir, il faut aussi agir sur des facteurs plus qualitatifs, tels que les inégalités entre hommes et femmes, l'accès insuffisant à l'éducation, la lutte contre la corruption et l'arbitraire. Ce sont des objectifs très ambitieux; de plus, ils sont interconnectés, et leur bonne réalisation dépend précisément de cette interconnexion.
Aujourd'hui, nous sommes dans la phase de mise en oeuvre de ces objectifs. Les réflexions de mise en oeuvre ont démarré en 2016. En Suisse, c'est l'Office fédéral du développement territorial qui s'en occupe. Comme les autres pays, la Suisse devra présenter un rapport montrant qu'elle avance dans la bonne direction. Son rapport est prévu pour 2018.
Afin que le projet d'Agenda 2030 soit réellement efficace, il faut disposer de bons outils de mesure, lesquels constituent le sujet de la question posée dans mon postulat. Comment la Suisse peut-elle mesurer ces avancées? Quels indicateurs utilisera-t-elle? Quelles méthodes mettra-t-elle en oeuvre? Ce sont des questions importantes, et cela est d'autant plus complexe qu'il s'agit d'une approche matricielle et systémique.
Il se trouve que, là aussi, la Suisse est bien positionnée, car elle dispose déjà d'un système statistique pour mesurer le développement durable, baptisé MONET. La Suisse a décidé de fonder son suivi sur ce système, qui couvre déjà trois dimensions - économique, sociale et environnementale - et qui correspond aux recommandations internationales en la matière. Et puis le système MONET sera complété de manière ad hoc, non seulement en se basant sur les indicateurs de la Commission de statistique de l'ONU, mais aussi en fonction des préoccupations de notre pays. Tout ce travail est déjà en cours.
Plus globalement, cette mise en oeuvre est déterminante pour la réussite d'Agenda 2030, pour que ce projet ne reste pas une coquille vide. C'est pourquoi la Suisse s'est beaucoup engagée non seulement lors de l'élaboration des objectifs stratégiques, mais aussi dans l'évaluation de la contribution des pays, tant au plan national qu'international, et dans la mesure du résultat des activités entreprises.
La participation de la Suisse à Agenda 2030 est très importante, car elle a un effet d'entraînement sur les pays moins avancés. Cela fait passer le message d'un effort collectif et convergent. Tout le monde tire à la même corde en même temps; tout le monde travaille à l'amélioration du bien commun.
Enfin, je pense qu'il ne faut pas avoir peur d'une gouvernance supranationale qui viendrait nous dicter nos choix de vie depuis l'extérieur - je dis cela à l'adresse de nos amis qui songent tout le temps à assurer l'autonomie du pays. Je pense que les objectifs 2030 sont suffisamment universels pour être intégrés dans notre organisation, et je pense que notre identité et notre démocratie sont suffisamment fortes pour trouver des solutions qui préservent nos valeurs.
Je termine en ayant bien conscience d'avoir fait plus que simplement défendre mon postulat. Il me semblait en effet important de repréciser le cadre d'Agenda 2030 pour bien mettre en perspective les questions posées par mon postulat. Les objectifs d'Agenda 2030 sont ambitieux, ils sont fondamentaux pour notre avenir et celui de notre planète, et le fait que près de 200 Etats se soient engagés à les mettre en oeuvre est un résultat historique; ne le remettons pas en question. Par contre, pour que cette démarche ne reste pas une coquille vide, il est important que tout soit mesuré correctement. La réponse du Conseil fédéral montre que les choses sont sur la bonne voie dans notre pays et donc, une fois de plus, je retire mon postulat.