Parmelin Guy · Bundesrat · 2017-03-13
Parmelin Guy · Bundesrat · Waadt · 2017-03-13
Wortprotokoll
J'allais dire: "Les jeux sont faits, rien ne va plus", car c'est sans trop d'illusions que je viens défendre la position du Conseil fédéral, même si je pense que certains d'entre vous, au fond d'eux-mêmes, peuvent la comprendre aussi; à l'impossible, nul n'est tenu.
Monsieur Français, vous avez parlé de "cacahuètes". Ce terme est peut-être un peu dur au regard des dizaines, voire des centaines de millions de francs de soutien que nous octroyons. Si je prends simplement le soutien au programme "Jeunesse et Sport", par exemple, il sera de 105,5 millions de francs en 2017, et il continuera à augmenter.
Le soutien au sport d'élite ne disparaît pas. Il existe un soutien, mais il n'est pas augmenté, parce que le Conseil fédéral a dû faire des arbitrages, naturellement, et fixer des priorités, vu la situation financière extrêmement tendue qu'il va vivre ces prochaines années. Je vous rappelle que des déficits structurels de plusieurs milliards de francs sont en prévision, et le Conseil fédéral, pour respecter sa planification financière, a dû tenir compte de certaines priorités, et c'est dans ce secteur qu'il a décidé que les besoins ne pouvaient pas être satisfaits autant qu'il l'aurait souhaité lui aussi.
Je vous rappelle qu'entre 2006 et 2015 la Confédération a dépensé toujours plus pour le soutien au sport d'élite et à la relève, puisque les moyens fédéraux sont passés de 32 à 50 millions de francs par année sur cette période. Je vous rappelle, et cela a été aussi très bien dit par le rapporteur, que la modernisation et l'extension des infrastructures de Macolin et de Tenero sont prévues; ce sont des investissements qui vont bénéficier aussi au sport d'élite.
Je crois qu'il faut tenir compte du fait que certains soutiens de ces prochaines années, sur lesquels vous aurez l'occasion de vous prononcer, toucheront aussi la jeunesse, et certainement aussi la relève et le sport d'élite indirectement. Il s'agit des Jeux olympiques de la jeunesse 2020, pour lesquels tout de même 14 millions de francs vont être investis à Lausanne, ainsi que de l'Universiade d'hiver 2021 en Suisse centrale - et je ne parle pas d'éventuels Jeux olympiques puisque c'est encore trop lointain.
Tout cela pour dire que le Conseil fédéral est attaché au soutien des milieux sportifs, mais que, dans la situation actuelle, il a dû faire certaines pesées d'intérêts, et que c'est cette augmentation du soutien au sport d'élite et à la relève qui fait les frais de l'arbitrage du Conseil fédéral.
Je m'empresse de dire que, en tant que ministre des sports, je suis naturellement déçu aussi. Mais j'espère que nous pourrons, le plus rapidement possible, reprendre certains investissements qui sont extrêmement bénéfiques pour le sport, à long terme. Tout à l'heure, nous allons d'ailleurs discuter du postulat Hêche, qui présente le même cas de figure, qui demande un état des lieux et l'allocation de certains [PAGE 204] moyens. Mais, là aussi, le Conseil fédéral doit être extrêmement prudent.
Je ne reviendrai pas sur tout le concept, très détaillé. Les différents intervenants l'ont bien mis en lumière. Au nom du Conseil fédéral, je vous demande de garder à l'esprit la situation financière de la Confédération et, dans ce cadre, je vous invite à rejeter cette motion.
[VS]