Moret Isabelle · Nationalrat · 2017-03-13
Moret Isabelle · Nationalrat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2017-03-13
Wortprotokoll
Par son initiative, Madame Quadranti propose l'introduction d'un congé parental de quatorze semaines. Celui-ci s'ajouterait au congé maternité de quatorze semaines suivant l'accouchement. Au total, ce nouveau congé parental pourrait donc atteindre une durée maximale de 28 semaines. Selon Madame Quadranti, cette proposition permettrait d'assurer l'égalité entre les sexes et de renforcer le lien avec l'enfant. Par ailleurs, le coût de ce nouveau congé serait en partie compensé par une meilleure intégration des femmes sur le marché du travail.
La majorité de la commission ne partage pas ces conclusions. Cette proposition engendrerait des coûts qui se monteraient à 1,4 milliard de francs. Ce montant accroîtrait donc de manière importante la pression financière qui pèse sur notre système social. A l'heure actuelle, notre mission doit être de consolider ce système et non de le détériorer. Par ailleurs, imposer une telle charge à l'économie aurait certainement des conséquences néfastes. Cela compromettrait par exemple davantage la compétitivité de notre place économique et risquerait également de défavoriser les jeunes couples. En effet, il est probable que les employeurs hésiteraient plus qu'auparavant à embaucher des jeunes ayant un projet parental. De ce point de vue, cette proposition est simplement irréaliste.
La majorité de la commission doute également que ce congé puisse améliorer l'égalité entre les sexes. Croire qu'il permettra une réorganisation du rôle des parents est illusoire. De fait, dans la très grande majorité des couples, le père est celui qui dispose du salaire le plus élevé. Qui plus est, seuls 10 pour cent des hommes travaillent à temps partiel. Les effets positifs vantés par Madame Quadranti sont donc totalement exagérés.
Ce constat s'applique aussi au renforcement souhaité du lien avec l'enfant. En réalité, rien ne garantit que le père utilise ses quatorze semaines de congé parental pour s'occuper de son enfant. De plus, un grand nombre de pères prennent déjà des vacances à la suite de la naissance de leur enfant. Il n'existe donc aucun besoin d'introduire un congé parental d'une si longue durée. Cela est d'autant plus vrai au regard du coût qu'il engendrerait.
Attachée à une politique responsable et réaliste, la commission vous invite, par 15 voix contre 7 et 1 abstention, à ne pas donner suite à l'initiative.