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Maire Jacques-André · Nationalrat · 2017-03-14

Maire Jacques-André · Nationalrat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2017-03-14

Wortprotokoll

J'expose quelques points essentiels mis en évidence par le rapport, qui suscitent un certain nombre de commentaires.

Tout d'abord, concernant le principe de subsidiarité dont il a été beaucoup question durant les discussions de la commission, le rapport montre bien que, si nous l'appliquions à la lettre, cela déboucherait sur des situations aberrantes. Par exemple, le fait que des chaînes privées puissent diffuser des émissions d'information ou de la musique empêcherait la SSR de le faire. Je ne vous fais pas la démonstration du ridicule de la situation.

Concernant le mandat de la SSR, il faut rappeler qu'il est orienté essentiellement vers l'information, la culture et l'éducation, c'est-à-dire vers des domaines où la dimension commerciale nuirait ou pourrait nuire à la qualité des émissions. Pensons à ce qui se passe aux Etats-Unis ou en Italie où prévalent des modèles qui, justement, offrent une très large place au secteur privé. Je vous laisse juger de la qualité des émissions dans ces pays.

A propos de la SSR, il faut encore dire que, si on veut qu'un large public profite de ses excellentes émissions, il est nécessaire bien sûr qu'elle présente une offre plus générale, attrayante aussi, en termes de divertissement et de sport. Sur ce point, nous sommes favorables à une ouverture sur le plan du sport: il y a certainement des choses à faire entre secteur public et privé pour qu'ils acquièrent ensemble des droits extrêmement coûteux afin de retransmettre certains grands événements internationaux ou pour produire des événements suisses.

Au sujet des radios, il faut souligner le rôle essentiel que joue la radio publique dans la diffusion des oeuvres suisses et dans l'espace offert aux artistes suisses. Il n'y a pas de commune mesure entre la place des artistes suisses sur les chaînes privées et sur les chaînes publiques. Donc, dans ce sens, c'est un soutien à la culture qui est très important.

Un autre problème qui a été déjà soulevé dans ce débat est celui de la complémentarité entre le secteur public et le secteur privé à l'échelon régional. Nous pouvons comprendre qu'en Suisse alémanique la situation soit problématique à cause des journaux télévisés et radiodiffusés régionaux de la SSR. Cette situation n'est pas du tout la même en Suisse romande. J'aimerais relever qu'en Suisse romande la collaboration entre la SSR et les chaînes régionales privées est excellente. Il y a même une charte de collaboration, et je crois qu'on pourrait s'inspirer de ce modèle dans l'ensemble du pays. Cette collaboration montre bien que la complémentarité est possible. Cher collègue Wasserfallen, en Suisse romande, les chaînes privées régionales font du service publique, ont une concession, bénéficient de parts de la redevance. Ce modèle fonctionne très bien. On peut encore l'améliorer pour éviter les doublons, pour faire encore mieux. Mais ce modèle est tout à fait pertinent.

J'aimerais insister encore sur la question des recettes. Nous en parlerons lors de l'examen du projet relatif à l'initiative "No Billag", mais il faut être conscient que si on diminue les recettes de la SSR, soit au niveau de la publicité soit au niveau de la redevance, il en résultera de très graves conséquences dans les régions linguistiques minoritaires.

Chers collègues de ces régions, j'aimerais en appeler à votre perspicacité: nous devons absolument lutter pour ces régions, pour que la SSR de même que les radios et télévisions régionales privées continuent à être soutenues par la redevance. C'est essentiel pour nous.

Enfin, je termine en disant que nous avons très peur de voir le pouvoir politique s'immiscer dans les choix de la SSR relatifs aux programmes. C'est pourquoi nous nous opposerons aux propositions visant à donner plus de compétences au Parlement dans l'octroi de la concession.