Dreifuss Ruth · Bundesrat · 2002-04-16
Dreifuss Ruth · Bundesrat · Genf · 2002-04-16
Wortprotokoll
Merci, Messieurs Widmer, Galli et Scheurer, de ce soutien apporté à la mémoire audiovisuelle de la Suisse. La situation, telle qu'elle a été décrite, est juste. Nous avons dû très souvent parer au plus pressé, veiller à sauver ce qui ne pouvait pas attendre de l'être, veiller à équiper des institutions fragiles, pour qu'elles puissent jouer leur rôle.
Lorsque je suis arrivée à la direction du Département fédéral de l'intérieur, c'était la Cinémathèque suisse qui criait misère parce qu'elle engloutissait ses ressources pour payer une hypothèque, et non pas pour sauver des films. Nous avons eu ensuite des problèmes tels que ceux de la désacidification du papier dans les bibliothèques et archives traditionnelles sur papier ou encore les problèmes de la phonothèque. Pour celle-ci, il a fallu d'abord trouver le cadre physique dans lequel elle pouvait poursuivre ses activités et fixer la relation entre la Bibliothèque nationale suisse et le Tessin pour arriver à une synergie de ces deux institutions puis ensuite soutenir la création de Memoriav.
Il y a environ huit ans, au moment où ce problème a été abordé, où mes collaborateurs ont commencé à tirer la sonnette d'alarme, ils parlaient d'un besoin de 30 ou 40 millions de francs pour lancer les activités dans le domaine de la sauvegarde du patrimoine audiovisuel suisse. A l'époque, j'ai dû leur dire: "Ce n'est pas possible! Agissons, sauvons ce qui doit l'être immédiatement et continuons, pas à pas, problème par problème, à aborder les questions." C'est ce que nous avons fait avec des augmentations de budget, comme vous le savez, modestes mais pas insignifiantes par rapport au point de départ, qui permettent de poursuivre dans cette ligne, c'est-à-dire de continuer cette démarche lancée dans l'urgence.
On peut dire que c'est une démarche lancée dans l'urgence. Vous savez que cela a permis de réaliser finalement beaucoup de choses. Pensez à l'exposition Memoriav à Martigny; pensez à ce qui a pu être sauvé pendant ce temps. Mais cela ne suffit pas! Il nous faut une réelle politique de la mémoire.
Je n'aimerais pas me parer des plumes du paon, car les initiatives sont aussi venues de la Commission fédérale de la Bibliothèque nationale, qui se cherchait un nouvel ancrage, une nouvelle mission. Cette commission ne pouvait pas se contenter d'accompagner une institution qui somme toute marche bien, mais dont les soucis étaient les mêmes que ceux qui viennent d'être exprimés aujourd'hui. C'est la raison pour laquelle j'ai chargé un groupe de travail, sur la base de travaux préalables, d'estimer les besoins financiers supplémentaires et de formuler une politique de la mémoire en Suisse. J'attends ce rapport pour juin prochain. Je me sentirai alors mieux armée pour demander un crédit plus important.
Je pense aussi qu'il serait bon de donner une base légale à cette politique de la mémoire. J'ai le sentiment que ce qui se prêterait le mieux à cette base légale, ce serait l'article 69 "Culture" de la constitution. C'est dans ce contexte que nous préparerons le projet que nous vous présenterons et qui donnera une base légale aux fondements d'une telle politique. L'horizon des travaux est à situer vers le début de 2006. C'est-à-dire que nous agissons maintenant par le biais d'une augmentation légère du crédit correspondant. Dans le fond, nous continuons à travailler dans l'urgence. Nous arriverons pour 2006 avec une base légale et, je l'espère, avec des moyens financiers supplémentaires.
J'ai un peu de peine à répondre à la question de M. Widmer sur l'engagement des communes et des cantons. Je ne sais rien à ce sujet; peut-être que mes collaborateurs en savent davantage. Permettez-moi de rappeler, dans cette salle pas très pleine, que si vous voulez des réponses bien précises, il suffit de nous poser vos questions dix minutes avant la séance pour avoir ensuite les réponses les plus exactes possible. Là, je ne suis pas en mesure de vous répondre.
De même, je ne suis pas en mesure de répondre très directement à la question concernant la Phonothèque nationale suisse. Je peux néanmoins vous donner l'assurance que, depuis qu'existe ce lien entre la Bibliothèque nationale suisse et la Phonothèque nationale suisse, et avec l'engagement de la Confédération dans ce qui était à l'origine un [PAGE 580] projet local, nous sommes tout à fait au courant des besoins. Nous en avons discuté il n'y a pas si longtemps avec mes collaborateurs et nous considérons que cela fait partie de nos responsabilités. Je ne peux pas en dire plus.
Je vous serai reconnaissante de transmettre la motion sous forme de postulat.
Je vous serai aussi reconnaissante de continuer à suivre ce débat et de nous rappeler à l'ordre si vous deviez considérer que les choses prennent trop de temps. Pour ma part, je vous rappellerai à l'ordre à l'heure de la discussion du budget, en vous demandant bien sûr de soutenir nos efforts.