Lexipedia

Berset Alain · Bundesrat · 2017-06-15

Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2017-06-15

Wortprotokoll

Monsieur Fridez, je crois que vous avez raison d'insister sur ce point. Je pense qu'il n'y a pas que les aspects économiques qui importent. D'ailleurs, nous avons pu le montrer avec l'étude qui a été faite par la haute école de Zollikofen: il n'y a pas que les aspects économiques qui jouent un rôle. Les aspects sensibilisation, égalité des chances, je dirais, pour ce qui relève de la formation dispensée et des connaissances de ce qui est sain et de ce qui ne l'est pas font aussi la différence.

La Confédération joue un rôle dans ce domaine au travers de la Stratégie suisse de nutrition 2017-2024. Les recommandations de la Confédération sont fondées sur celles de l'OMS. Vous avez rappelé, Monsieur Fridez, quelques fondamentaux à ce sujet. On constate que c'est d'autant plus important que ce message, si on lit les enquêtes et les études réalisées à ce sujet, n'est pas forcément encore arrivé partout. On constate que c'est notamment le niveau de formation qui est peut-être discriminant pour la compréhension des équilibres nutritionnels, du besoin de se nourrir de manière diversifiée et équilibrée.

C'est la raison pour laquelle nous estimons que, du point de vue de la Confédération, un de ses rôles importants c'est la Stratégie suisse de nutrition 2017-2024, dont j'ai ici la dernière édition qui a été mise à jour il y a peu. Nous essayons de cette façon, mais c'est également prévu dans la nouvelle loi sur les denrées alimentaires, de garantir la diffusion d'une information ciblée à l'intention du public. Nous essayons de renforcer les compétences nutritionnelles de la population. Nous essayons aussi - c'est aussi un des éléments pour lesquels la Confédération s'engage - d'améliorer la situation pour ce qui concerne les mets préparés.

Nous savons que de plus en plus de personnes doivent consommer de plus en plus souvent des mets préparés, parce qu'elles mangent souvent à l'extérieur, parce qu'elles mangent souvent dans des cantines, parce qu'elles doivent acheter des mets déjà préparés. Nous conduisons des travaux, qui sont en cours, sur la quantité de sel et de sucre - pour mentionner ces deux ingrédients - dans les mets préparés. Le sel, c'est en fait déjà réalisé. Nous avons réussi en accord avec les branches concernées à diminuer la teneur en sel, notamment dans le pain qui est acheté dans les boulangeries. C'est un succès. Cela se compte en pour cent, mais c'est quand même appréciable. Pour le sucre, nous savons qu'il y a aussi dans les produits préparés vendus en Suisse - on pense aux céréales, aux yogourts - des quantités de sucre très élevées, parfois vraiment beaucoup trop élevées. Nous essayons, en accord avec l'industrie, de faire en sorte que l'évolution aille dans le bon sens.

Un élément supplémentaire que je pourrais citer ici, c'est la concrétisation de la Stratégie suisse de nutrition 2017-2024. Nous avons prévu pour cela un plan d'action, et celui-ci doit s'articuler autour de deux axes. Le premier consiste à améliorer l'égalité des chances, à améliorer notamment l'information, la formulation de l'information et la compréhension de celle-ci par tous, et cela s'adresse aussi en particulier aux personnes avec des faibles revenus ou alors peu diplômées ou issues de l'immigration et qui courent généralement un risque plus élevé sous l'angle de la problématique abordée dans le postulat. Le deuxième axe consiste à promouvoir différentes approches selon la phase de vie parce que les besoins nutritionnels de chaque personne varient en fonction de la phase de vie. Dans ce cadre, une attention toute particulière doit être portée aux groupes cibles vulnérables.

Les aspects financiers, nous en avons parlé. Il y a également une étude du CHUV, que je peux mentionner ici, qui n'a fait [PAGE 1174] que confirmer le lien déjà connu entre un niveau d'éducation élevé et une alimentation plus saine, sans pouvoir établir de manière définitive si les difficultés financières ont une influence sur les habitudes alimentaires, mais on voit bien que cela doit jouer un rôle. Ce n'est pas le seul critère, mais c'est évidemment un critère qui joue un rôle.

Vous avez déposé un postulat par lequel vous demandez une action concrète - ce qui devrait dès lors plutôt faire l'objet d'une motion - ou alors d'évaluer ce que nous pourrions mettre en place. Vous avez évoqué le fait de verser des subventions aux branches concernées pour faire baisser les prix. Il ne nous semble pas que ce soit le rôle de la Confédération d'agir dans ce domaine.

C'est la raison pour laquelle, tout en étant bien conscient de l'importance du point que vous avez soulevé, et en insistant sur tout ce que nous faisons déjà et que nous allons encore optimiser et améliorer, mais tout en pensant qu'il ne faut pas aller jusqu'à influencer les prix des produits qui sont disponibles sur le marché, le Conseil fédéral vous invite à rejeter ce postulat.