Buffat Michaël · Nationalrat · 2017-09-19
Buffat Michaël · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2017-09-19
Wortprotokoll
Un pays libre et indépendant doit pouvoir gérer de manière autonome l'immigration et sa politique migratoire. Le peuple suisse, organe suprême de notre démocratie, l'a bien compris en acceptant le 9 février 2014 l'initiative "contre l'immigration de masse". Depuis l'acceptation de ce texte, aucun effort n'a été fait pour réguler l'immigration puisque, en 2016, la population étrangère a encore augmenté de presque 80 000 personnes, cela sans lien direct avec les besoins de l'économie, puisque 80 pour cent des immigrants n'ont pas de formation professionnelle dans les domaines où il y a une pénurie de main-d'oeuvre.
Je ne reviendrai pas sur le triste épisode de décembre dernier, lorsque, au mépris de la volonté populaire, ce Parlement a adopté une loi d'application ne tenant pas compte de cette volonté exprimée à travers l'adoption de l'article 121a de la Constitution.
Et voilà, alors que la situation dans le domaine migratoire n'est toujours pas sous contrôle, qu'on veut demander au peuple et aux cantons de revenir sur leur décision. Bien que les outils démocratiques autorisent à lancer et à faire aboutir une initiative à tout moment, il s'agit d'un affront à la population que de la faire voter dans un laps de temps si court sur un même objet. Aux yeux des initiants, le peuple a mal voté, il n'a pas compris les conséquences; qu'importe, qu'il revote, une fois, deux fois, trois fois, jusqu'à ce que la décision convienne! Non, cela n'est pas ma conception de la démocratie.
Selon les initiants, le vote du 9 février 2014 a ouvert le débat sur la politique migratoire. Mais ils n'ont pas compris que le débat était déjà ouvert depuis longtemps et que l'issue du vote du 9 février 2014 en était le résultat. Le peuple a voté en connaissance de cause, et il est simpliste de dire ensuite qu'il n'avait pas compris les enjeux.
Mesdames et Messieurs les initiants, c'est votre volonté immigrationniste qui pousse la Suisse dans l'impasse! Le peuple a clairement dit ce qu'il voulait: la Suisse gère de manière autonome son immigration, et pour ce faire elle introduit des plafonds et des contingents annuels. L'article 197 de la Constitution précise d'ailleurs que les traités internationaux doivent être renégociés et adaptés en conséquence. Cette volonté de la population est claire et elle ne laisse pas de place à la libre circulation des personnes, c'est pourquoi la proposition défendue par la minorité III a tout son sens. Nous ne pouvons pas revivre dix années supplémentaires avec 750 000 nouveaux immigrés. Accepter l'initiative dite RASA, c'est poursuivre cette course folle à l'immigration.
Je vous invite donc à recommander largement le rejet de cette initiative et surtout à soutenir la proposition de la minorité III (Rutz Gregor).