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Polla Barbara · Nationalrat · 2002-06-06

Polla Barbara · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2002-06-06

Wortprotokoll

S'il y a un domaine que nous reconnaissons tous comme prioritaire dans notre pays, s'il est un domaine dans lequel nous nous retrouvons tous en général, de la droite à la gauche de cet hémicycle, c'est bien dans celui de la recherche. La recherche est vitale pour notre petit pays. La matière grise est notre matière première, comme nous disons toujours. D'ailleurs, je pense qu'en fait, cette matière est plus rose que grise et nous pouvons en être fiers!

Quand il s'agit de recherche, pourrions-nous dire, la politique sort du domaine des opinions pour entrer dans le champ des faits. C'est donc avec un plaisir tout particulier que le groupe libéral vous invite ce matin, comme ma préopinante et comme le feront certainement tous les autres groupes, à voter le crédit d'engagement de 869 millions de francs pour la période 2003-2006 qui nous est demandé par le Conseil fédéral, afin de permettre enfin la pleine et entière participation de notre pays aux prochains programmes-cadres de recherche et développement européens, et à le voter avec la même splendide unanimité que celle qui a animé le Conseil des Etats le 20 mars dernier.

Si certains ont douté peut-être parfois des bienfaits des accords bilatéraux, nous pouvons tous être rassurés aujourd'hui: l'Accord sur la coopération scientifique et technologique nous apporte bien le bénéfice escompté, à savoir la possibilité pour les chercheurs suisses de participer intégralement, de plain-pied, à l'Espace européen de la formation et de la recherche et aux échanges intellectuels, scientifiques et technologiques que cet espace favorise.

Cet Espace européen de la recherche offre réellement des horizons nouveaux et permettra, selon les propres termes de la Commission européenne en la matière, "de jeter les bases d'un nouveau contrat entre les citoyens européens" - citoyens européens dont nous faisons partie, en l'occurrence - "et la science et la technologie en replaçant la recherche au coeur de la société" - c'est un souci qui nous est permanent - "et en faisant de ses applications l'objet du débat politique qu'appellent leurs conséquences sociales".

Nous voyons donc là avec satisfaction que la définition même de l'espace européen du savoir comprend sa dimension humaine et sociale même si, en l'occurrence, le programme-cadre de recherche et de développement auquel nous allons nous associer concerne avant tout la recherche technologique et appliquée.

En ce qui concerne le contenu du prochain programme-cadre, il est intéressant de souligner qu'il n'est pas encore complètement défini et que nous allons donc pouvoir participer à sa définition. Comme le disait M. Charles Kleiber à Tanguy Verhoosel à Bruxelles il y a déjà quelque temps: "La Suisse sera associée à la discussion sur la définition du 6e programme-cadre de recherche européen." Nous savons cependant déjà que les thèmes prioritaires du programme-cadre de l'Union européenne sont justement ceux des recherches dans lesquelles, osons le dire, nous sommes nous-mêmes particulièrement excellents, qu'il s'agisse des nanotechnologies, des technologies de l'information appliquées au domaine médical ou de la biologie moléculaire et de la génétique.

Il y a ensuite lieu de souligner l'intérêt du programme pour les PME. Même si ce n'est pas là le point le plus prioritaire, nous devons souligner que nos entreprises, et non seulement nos chercheurs, vont bénéficier du crédit-cadre et que nous attendons pour elles un important retour sur investissement. Or, les PME, comme la recherche, sont désormais au coeur des préoccupations de tous les parlementaires, là aussi de la droite à la gauche du Parlement, et nous avons donc là une raison supplémentaire de soutenir unanimement ce projet.

Bien sûr, 869 millions de francs, ce n'est pas une bagatelle. C'est un investissement conséquent, mais qu'il faut considérer à la lumière des moyens globaux mis à disposition par l'Union européenne, et les chiffres mentionnés tout à l'heure par M. Scheurer Rémy, rapporteur - vous les avez bien entendus, oui, il s'agit bien de plus de 17 milliards d'euros -, sont vraiment impressionnants.

Quoi qu'il en soit, si les retombées positives directes en termes de recherche semblent d'ores et déjà évidentes en ce qui concerne la mobilité des chercheurs et la consolidation des liens scientifiques, nous aimerions par contre connaître le plus rapidement possible les répercussions des mesures d'accompagnement. Nous insistons pour que ces mesures assurent réellement le soutien administratif indispensable aux chercheurs encore peu habitués au contexte européen, notamment en tant que leaders de projets.

En conclusion, je formule le voeu que, comme la commission, comme le Conseil des Etats, notre Conseil approuve lui aussi ce crédit à l'unanimité, dans l'enthousiasme devant l'ouverture fantastique que ce programme-cadre représente pour la recherche en Suisse.

Mais ce voeu ne va pas sans s'accompagner d'un autre voeu tout aussi important: c'est que, portés par l'enthousiasme d'aujourd'hui, nous mettions aussi tous ensemble la pression maximale sur le Conseil fédéral pour le relèvement indispensable du soutien à la recherche fondamentale en Suisse, et donc du soutien à la recherche dispensé par le Fonds national, notamment. N'oublions pas les cris d'alarme et les appels au secours de la recherche fondamentale ici, en Suisse. Ces cris d'alarme sont fondés. La recherche fondamentale en Suisse ne saurait aller sans notre intégration dans les programmes de recherche de l'Union européenne, comme notre intégration dans les programmes de recherche de l'Union européenne ne saurait aller sans notre soutien à la recherche fondamentale ici, en Suisse.

Il faut donc voter oui à l'Espace européen de la formation et de la recherche, mais oui aussi à la recherche fondamentale suisse, et nous serons amenés à le faire prochainement.

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